Le souffle coupé

Kinshasa, dimanche 28 juin 2026.  Les services de la Direction Générale de Migration (DGM) ont bloqué le passeport de Delly Sesanga, président du parti Envol, l’empêchant d’embarquer vers l’Europe où il devait recevoir des soins médicaux. Les motivations officielles de cette mesure n’ont pas été communiquées. L’affaire, survenue dans un contexte de fortes tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition, ravive les interrogations sur les libertés publiques et l’État de droit en République Démocratique du Congo.

Quand le silence nourrit les tempêtes

Les faits rapportés sont sans équivoque : « Les services de l’immigration congolaise ont bloqué le passeport de Delly Sesanga, privant le chef du parti Envol de la possibilité de rejoindre l’Europe où il devait recevoir des soins médicaux. » Puis, « la mesure, dont les motivations officielles n’ont pas été communiquées, lui a valu un refus d’embarquement. » Ce silence institutionnel devient lui-même un fait politique. Comme l’écrivait Montesquieu : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois. »

Le passeport devenu symbole

Au-delà d’un document administratif, c’est toute la question de la liberté de circulation qui se retrouve au cœur du débat. L’incident intervient alors que « Sesanga est l’une des figures les plus actives de l’opposition ». Sans preuve d’une motivation politique, l’absence d’explication officielle alimente les interrogations. Albert Camus rappelait avec justesse : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » La transparence demeure ainsi le premier rempart contre la défiance.

L’épreuve de l’État de droit

Cette affaire dépasse désormais le cas individuel. Elle constitue un test de crédibilité pour les institutions congolaises, appelées à concilier impératifs administratifs, respect des droits fondamentaux et stabilité politique. La défense de la patrie passe aussi par la consolidation de la confiance entre l’État et les citoyens. Comme l’affirmait Nelson Mandela : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »

En définitive, le passeport confisqué devient le miroir d’un débat plus vaste sur la gouvernance démocratique. Les faits exigent désormais des explications claires, car la confiance se construit dans la transparence. La chute résonne alors avec la pensée de Victor Hugo : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Dans une démocratie, cette idée porte un nom : la responsabilité publique.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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