
Kinshasa sous tension politique
À Kinshasa, le 4 juin 2026, la Coalition Article 64 pour la défense et l’ordre constitutionnel (C64) a franchi un nouveau cap dans son opposition au projet de révision constitutionnelle. La plateforme annonce une double offensive : une plainte contre le président Félix Tshisekedi prévue le 9 juin et un sit-in devant l’Assemblée nationale fixé au 12 juin.
Dans un climat politique déjà polarisé, cette annonce repositionne la rue et les tribunaux comme nouveaux champs d’affrontement institutionnel.
Une stratégie de confrontation élargie
La C64 ne limite plus son action à la contestation politique classique. Elle engage désormais une logique judiciaire et populaire simultanée, visant à bloquer toute évolution de la loi fondamentale.
Martin Fayulu, figure de la coalition, revendique un soutien populaire massif : « tout le peuple a refusé l’initiative de changer la Constitution », affirme-t-il, transformant l’opinion en argument politique central.
Le peuple comme légitimité disputée
Dans ce discours, la population devient le socle de légitimation des positions opposées. Chaque camp revendique son adhésion, chaque mobilisation est interprétée comme preuve de souveraineté populaire.
Alexis de Tocqueville rappelait que « les opinions gouvernent les sociétés autant que les lois ». Ici, l’opinion devient un champ de bataille autant que la Constitution elle-même.
La rue et le tribunal comme arènes politiques
La stratégie annoncée par la C64 combine action judiciaire et pression de rue. Cette double approche traduit une judiciarisation croissante du conflit politique en RDC, où les institutions deviennent des espaces de confrontation directe.
Hannah Arendt soulignait que « le pouvoir naît de l’action collective ». Dans ce contexte, chaque camp tente de capter cette action pour la transformer en légitimité politique.
Une polarisation institutionnelle accrue
Le débat autour de la Constitution dépasse désormais le cadre juridique pour devenir un affrontement politique structurant. Le langage utilisé « résistance », « blocage », « refus » traduit une radicalisation du discours. La démocratie congolaise se trouve ainsi confrontée à une tension entre réforme institutionnelle et contestation politique frontale.
La Constitution au centre du conflit politique
Dans cette séquence, la Constitution devient un symbole disputé, plus qu’un simple texte juridique. « Défendre la Constitution, c’est défendre l’État », résume un juriste congolais. Et comme le rappelait Montesquieu, « il n’y a point encore de liberté si le pouvoir n’est pas limité par le pouvoir ». Une formule qui résonne fortement dans ce nouveau cycle de confrontation politique.
Didier BOFATSHI

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