Du renforcement des compétences à la maîtrise des outils numériques, Kinshasa veut placer le capital humain au cœur de sa modernisation administrative.

Le ministère de l’Économie numérique a lancé, le 24 août 2026 à l’INPES, une formation destinée à 580 agents et cadres. Pendant cinq jours, l’administration travaille sur le droit public, les outils numériques, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les données personnelles.

Une formation pour moderniser l’administration

Le Secrétaire général à l’Économie numérique, François Blaise Mateta, a ouvert cette première session à Kinshasa. Organisée avec le ministère de la Fonction publique et l’ARPTC, elle se déroule du 24 au 28 août.

Le programme répond à plusieurs faiblesses internes. Le ministère cite notamment la connaissance insuffisante des textes, les lacunes rédactionnelles, la maîtrise limitée des outils informatiques et les besoins liés à la fiscalité numérique.

Cette démarche s’inscrit dans la transformation numérique engagée par la RDC. Le Plan national du numérique 2026-2030 prévoit, selon le ministère, un milliard de dollars d’investissements publics sur cinq ans.

Le numérique devient aussi une compétence administrative

La formation repose sur deux piliers. Le premier renforce les bases administratives et juridiques. Le second porte sur les métiers numériques.

Au programme figurent l’intelligence artificielle, le commerce électronique, le management agile, la cybersécurité, la protection des données, la blockchain et les infrastructures de confiance.

Le choix révèle un enjeu plus large. Une administration numérique ne dépend pas seulement des réseaux et des logiciels. Elle dépend aussi des agents capables de les utiliser avec méthode, éthique et responsabilité.

Comme l’écrivait Peter Drucker, « la connaissance doit être appliquée à l’action ». Cette idée éclaire le défi congolais : investir dans la technologie sans investir dans les compétences limiterait l’impact de la transformation.

Le véritable défi reste humain

La RDC occupait le 179ᵉ rang sur 193 à l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, selon les données citées par le ministère. La formation apparaît donc comme un instrument de rattrapage, mais aussi comme un test de gouvernance.

L’angle caché est celui de la capacité d’exécution. Les infrastructures numériques peuvent accélérer l’État, mais seules des compétences solides peuvent transformer cet investissement en services publics efficaces.

Vers une administration réellement numérique ?

Cette session marque ainsi une étape dans la modernisation de l’administration congolaise. Son succès dépendra désormais de la capacité à transformer les connaissances acquises en pratiques durables.

La question devient alors essentielle : la RDC parviendra-t-elle à faire de la compétence numérique un véritable levier quotidien de performance publique ?

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Source  : Ministère de l’Économie numérique — publication institutionnelle du 24 août 2026.

Didier Bofatshi

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