La République face au miroir brisé

La République Démocratique du Congo est à un tournant. Lors du Live Space X animé par Stanis Bujakera Tshiamala et Patient Ligodi, samedi 27 juin 2026, Jean-Claude Tshilumbayi, premier-vice président de l’Assemblée nationale, a défendu l’idée d’une réforme constitutionnelle comme réponse aux fragilités de l’État. Interpellé après les déclarations du président de la CENI Denis Kadima sur le retard de la feuille de route électorale et le manque de financement, il a affirmé que la guerre a coûté « 13 milliards de dollars » au pays.

La guerre, une plaie financière ouverte

Selon Jean-Claude Tshilumbayi, l’absence de moyens pour organiser certaines échéances nationales trouve une partie de son explication dans le poids du conflit. « La raison pour laquelle il n’y a pas d’argent, c’est que cette guerre injuste (…) a coûté 13 milliards de dollars depuis qu’elle a commencé », a-t-il déclaré.

Derrière ce chiffre se cache une réalité plus vaste : une nation qui dépense ses forces à se défendre peine à investir pleinement dans son développement. Comme l’écrivait Frantz Fanon, « chaque génération doit découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir ». La RDC semble confrontée à cette obligation historique.

La Constitution au cœur de la tempête

Pour Tshilumbayi, l’élection et le référendum ne répondent pas aux mêmes objectifs. « Une élection sert à placer des animateurs au pouvoir (…) un référendum a une vocation bien plus importante : redresser ce qui est cassé, renforcer l’État ».

Son argument repose sur une conviction : les institutions doivent être adaptées aux réalités du pays. « Si la Constitution était efficace, personne ne prendrait les armes pour renverser les institutions », a-t-il soutenu.

Cette lecture ouvre toutefois un débat majeur : un texte fondamental peut-il être la cause unique d’une crise sécuritaire ? L’histoire démontre que la force d’un État dépend aussi de ses hommes, de sa gouvernance et de sa capacité à faire respecter la loi.

Reconstruire l’État avant l’effondrement

Le responsable politique insiste sur le rôle des provinces. Selon lui, des entités territoriales mieux équipées auraient permis une réponse plus rapide face aux groupes armés comme les ADF, la CODECO ou le Mobondo.

La question congolaise dépasse donc le simple changement constitutionnel. Elle touche à la survie d’un modèle d’État capable de protéger son peuple.

« Un État qui perd le contrôle de la violence perd une partie de sa souveraineté », rappelle la pensée de Max Weber.

L’avenir de la RDC se jouera peut-être dans cette bataille silencieuse : transformer les blessures de la guerre en une renaissance institutionnelle. Car, comme l’écrivait Victor Hugo, « rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu ». La RDC cherche encore le temps et la voie d’une paix durable.

Didier BOFATSHI

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