OTAN : Le cri d’alarme de Londres pour sauver l’empire américain de lui-même

À Doha, Keir Starmer a martelé que l’OTAN demeure « dans l’intérêt de l’Amérique », répondant frontalement aux critiques de Donald Trump. « L’Otan nous a permis de rester en sécurité bien plus que nous ne l’aurions été sinon », a-t-il déclaré, plaidant pour la survie d’une architecture occidentale sous tension, sur fond de crises au Moyen-Orient et de recomposition stratégique mondiale.

L’Empire sous perfusion d’acier

« La politique internationale est une lutte pour la puissance », écrivait Hans Morgenthau. Starmer s’inscrit dans cette ligne en affirmant que l’Alliance est « dans l’intérêt de l’Amérique ». Loin d’un simple slogan, c’est un rappel brutal : l’OTAN reste le bras armé de Washington face aux pressions, notamment de la Russie. S’en retirer reviendrait à désarmer son propre empire.

La cathédrale invisible des alliances

Pour Robert Keohane, les institutions « réduisent l’incertitude ». Starmer prolonge : « cette alliance est dans l’intérêt de l’Amérique, dans l’intérêt de l’Europe ». Derrière ces mots, une vérité froide : l’OTAN structure l’ordre international, fluidifie la coopération et amortit les chocs. Une mécanique discrète, mais indispensable.

Le sang commun des démocraties

« Les démocraties ne se font pas la guerre », rappelait Michael Doyle. En insistant sur une sécurité partagée, Starmer esquisse une communauté politique transatlantique. L’OTAN devient plus qu’une alliance : un pacte de valeurs où l’intérêt américain se confond avec celui de ses alliés.

La guerre des récits

« L’anarchie est ce que les États en font », théorisait Alexander Wendt. Face à la vision transactionnelle de Trump, Starmer oppose un récit : celui d’une Amérique liée à ses alliances. En répétant que l’OTAN sert Washington, il tente de redéfinir ce que signifie « intérêt national ».

Dans cette joute silencieuse, Starmer impose une lecture stratégique : l’OTAN n’est pas une charge, mais une force. « Même les puissances dominantes ont besoin d’institutions », rappelait Keohane. Et si l’Amérique, en doutant de l’Alliance, doutait d’elle-même ?

Comme l’écrivait Raymond Aron : « Les nations ne connaissent que les intérêts qu’elles se donnent. » Reste à savoir si Washington choisira la solitude… ou la puissance partagée.

Didier BOFATSHI

RFI / VFI7, voltefaceinfos7.com

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