Nord-Kivu : Plus de 500 enfants privés d’ENAFEP à Rutshuru la guerre et les frais scolaires brisent les rêves d’école

Une génération au bord du silence

Rutshuru, 9 juin 2026. Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la guerre continue de frapper jusque dans les salles de classe. Selon les informations rapportées par Actualite.cd, 535 élèves inscrits à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) n’ont pas participé à la session 2026 dans la sous-division de Rutshuru 2, au Nord-Kivu. Sur 3 498 candidats attendus, près de 15 % ont ainsi manqué ce rendez-vous décisif de leur parcours scolaire.

Derrière ces chiffres se cachent des destins suspendus, pris au piège de l’insécurité et des difficultés d’accès à l’éducation dans une région marquée par les affrontements entre l’AFC/M23, les FARDC et les groupes d’autodéfense wazalendo.

L’école sous le bruit des armes

Selon Henri Tunga Gisamonyo, cité par Actualite.cd, les zones de Lusuli-Mirangi, Ibuga-Kashuga, Birambizo et Kanyangohe-Karambi figurent parmi les plus affectées. Dans ces localités, les déplacements de populations, la peur des combats et l’instabilité permanente perturbent profondément la scolarité des enfants.

L’éducation, censée être un refuge contre les violences, devient elle-même une victime du conflit. Comme l’affirmait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » À Rutshuru, cette arme semble aujourd’hui fragilisée par les réalités de la guerre.

La gratuité mise à l’épreuve

À l’insécurité s’ajoute une autre difficulté : la perception de frais scolaires dans certaines zones sous administration de l’AFC/M23. D’après Actualite.cd, des contributions financières sont exigées dans plusieurs établissements malgré le principe constitutionnel de gratuité de l’enseignement primaire public.

Le ministère de l’Éducation nationale a rappelé que cette gratuité demeure une obligation légale sur toute l’étendue du territoire national. Cependant, entre les textes et la réalité du terrain, un fossé continue de se creuser.

Quand la guerre vole l’avenir

Au-delà des statistiques, l’absence de plus de 500 enfants à l’ENAFEP révèle une crise plus profonde : celle du droit à l’éducation dans les zones affectées par les conflits armés. Chaque élève absent représente une trajectoire interrompue, un avenir retardé, une promesse mise en attente.

Comme l’écrivait Victor Hugo : « Ouvrir une école, c’est fermer une prison. » Mais lorsque les armes imposent leur loi et que les obstacles financiers éloignent les enfants des bancs de l’école, c’est toute une société qui risque de voir son avenir compromis.

Selon Actualite.cd, la situation de Rutshuru rappelle que la bataille pour l’éducation reste indissociable de celle pour la paix. Dans l’Est de la RDC, la guerre ne détruit pas seulement des villages ; elle menace aussi les rêves et les ambitions d’une génération entière.

Didier BOFATSHI

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