Ituri : Tshisekedi exige une paix “rapide et durable” le nouveau gouverneur militaire face à l’épreuve du feu

Ordre de mission

Kinshasa, 8-9 juin 2026. Le président Félix Tshisekedi a instruit le nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Kasongo Batoka Mulumba, de rétablir « rapidement et durablement » la paix, la sécurité et l’autorité de l’État dans une province meurtrie par des années de violences armées. Selon la page officielle de la Présidence de la République, ces orientations ont été données lors d’une audience tenue à la Cité de l’Union africaine.

Une province sous tension permanente

À peine nommé, l’officier supérieur succède au lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama dans une province toujours placée sous état de siège depuis 2021. D’après la Présidence de la République, le chef de l’État a insisté sur le retour des populations déplacées et la restauration de l’ordre public dans une région où la souveraineté de l’État est régulièrement contestée.

Ituri, terre fracturée

Malgré les annonces officielles, le terrain raconte une autre réalité. Conflits communautaires Hema-Lendu, groupes armés locaux, incursions des ADF, attaques contre les civils et camps de déplacés : l’Ituri reste un espace de violence diffuse et persistante. Selon plusieurs rapports relayés par la page officielle de la Présidence de la République, la situation humanitaire demeure critique avec plus d’un million de déplacés internes.

État de siège sous examen

Instauré en 2021, l’état de siège est présenté par les autorités comme un instrument de restauration de l’autorité publique. Mais une partie de la population et des élus en contestent l’efficacité, estimant que la situation sécuritaire s’est davantage complexifiée.

Félix Tshisekedi a également instruit le nouveau gouverneur à coordonner les efforts contre l’épidémie d’Ebola déclarée en mai 2026 en Ituri, ajoutant une dimension sanitaire à une mission déjà hautement sécuritaire.

Mission de rupture

Entre attentes politiques, urgences humanitaires et réalités militaires, le nouveau gouverneur hérite d’un terrain miné. Comme le rappelle la page officielle de la Présidence de la République, l’objectif est clair : « rétablir la paix et permettre le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine ».

Mais sur le terrain, la complexité dépasse les injonctions. Alexis de Tocqueville écrivait que « gouverner, c’est parfois agir sur des forces que l’on ne maîtrise pas entièrement ». En Ituri, cette maxime prend une résonance brutale. Et l’adage populaire résume l’enjeu final : c’est désormais dans l’épreuve du réel que se mesurera la promesse de paix.

Didier BOFATSHI
Jésus-Christ t’aime

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