À Lubero, dans le Nord-Kivu, les conditions d’accueil des déplacés du site de Magasin suscitent une nouvelle alerte. Plus de 2 000 familles seraient confrontées au manque de toilettes adaptées et à un accès difficile à l’eau potable. Le risque sanitaire s’ajoute ainsi à l’épreuve du déplacement.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le signal d’alerte vient du site de Magasin, dans la commune rurale de Lubero. Interrogé le 18 septembre 2026 par Opinion-Info.cd, un déplacé décrit une situation marquée par l’insalubrité et le manque d’infrastructures sanitaires. Il affirme que plus de 2 000 familles vivent sur le site.
« Nous vivons dans un milieu qui n’est pas du tout assaini. Il y a un manque crucial de toilettes appropriées pour mettre cette population à l’abri. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui, mais elle s’aggrave de jour en jour », témoigne-t-il.
L’accès à l’eau potable reste également difficile, selon ce témoignage. Cette combinaison accroît les risques liés à l’hygiène et à l’assainissement. Dans le territoire de Lubero, six des sept zones de santé étaient déjà touchées par l’épidémie d’Ebola au 4 septembre, selon les informations médicales rapportées par Opinion-Info.cd.
L’hygiène devient une urgence
La situation des déplacés ne relève donc plus seulement de l’hébergement. Elle concerne aussi la prévention sanitaire. Des toilettes insuffisantes et un accès limité à l’eau compliquent les gestes élémentaires d’hygiène.
Le témoignage recueilli appelle une intervention rapide des autorités et des organisations humanitaires :
« Nous continuons d’alerter le gouvernement congolais, les organisations humanitaires et toute personne de bonne volonté. Il est plus qu’impérieux de venir sauver des vies humaines en péril dans ce camp de déplacés », plaide-t-il.
Cette alerte intervient alors que le gouvernement mène des actions humanitaires dans le Nord-Kivu. Le 18 septembre, la ministre des Actions sociales et Affaires humanitaires, Ève Bazaiba, était à Beni pour évaluer les besoins des populations affectées par les conflits et préparer, à terme, le retour volontaire de certains déplacés.
Prévenir plutôt que réparer
La situation de Magasin rappelle une évidence humanitaire formulée par Albert Schweitzer : « Le seul moyen d’avoir un sens dans sa vie est de servir les autres. »
Dans le contexte de Lubero, cette pensée prend une portée concrète. L’assistance ne consiste pas uniquement à répondre aux conséquences du déplacement. Elle doit aussi empêcher qu’un manque d’eau, de latrines et d’assainissement ne crée une nouvelle urgence.
La question devient dès lors essentielle : combien de temps ces familles pourront-elles vivre dans ces conditions avant qu’une crise sanitaire ne vienne aggraver leur situation ?
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- Source : Opinion-Info.cd, témoignage recueilli le 18 septembre 2026.

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