Le coordonnateur politique de l’AFC/M23 appelle à l’ouverture des accès humanitaires et accuse Kinshasa. Des éléments indépendants confirment l’ampleur des besoins.

Kinshasa, 18 septembre 2026. La situation humanitaire dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu revient au centre de la confrontation politique. Le 17 septembre, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a alerté sur la dégradation des conditions de vie à Minembwe. Il accuse Kinshasa de contribuer à cette situation. Cette accusation n’a pas pu être vérifiée indépendamment.

Minembwe face à une forte pression humanitaire

Selon Corneille Nangaa, la fermeture de certaines voies d’accès et les difficultés d’acheminement de l’aide provoquent des pénuries de nourriture, de médicaments et de produits essentiels.

« Aucune raison militaire ou politique ne devrait empêcher les femmes, les hommes et les enfants d’avoir accès à la nourriture et aux soins médicaux », a-t-il déclaré.

Nangaa affirme également que la faim et les maladies touchent de nombreux habitants et que certaines personnes meurent chaque jour. Cette affirmation précise n’a pas pu être confirmée indépendamment.

En revanche, des données humanitaires disponibles confirment l’importance des besoins. En juillet 2026, plus de 33 000 personnes déplacées étaient recensées à Minembwe. Le déficit de réponse humanitaire atteignait alors 96 %, selon des données humanitaires de l’ONU et de REACH rapportées par Beto.cd.

Une accusation politique qui reste à établir

Le coordonnateur de l’AFC/M23 met directement en cause le gouvernement de Kinshasa et le président Félix Tshisekedi. Il affirme également que les populations banyamulenge et tutsi figurent parmi les plus durement touchées.

Ces accusations doivent rester attribuées à leur auteur. Les éléments consultés permettent d’établir l’existence d’une crise humanitaire sévère. Ils ne permettent pas, en revanche, d’attribuer l’ensemble de cette crise au seul gouvernement congolais.

Le contexte sécuritaire reste complexe. Les Hauts-Plateaux sont affectés par les affrontements, les déplacements de populations et les restrictions d’accès. Plusieurs acteurs armés interviennent dans cet environnement.

L’accès humanitaire devient un enjeu politique

Nangaa demande l’ouverture des voies permettant d’acheminer les vivres, les médicaments et les équipements. Il appelle aussi le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, à contribuer à l’acheminement des produits essentiels.

Albert Camus écrivait : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Cette pensée prend ici une portée concrète. L’urgence consiste d’abord à permettre aux populations d’accéder aux vivres, aux soins et à la protection.

L’enjeu dépasse donc la seule déclaration politique. Qui contrôle les accès ? Qui peut garantir l’arrivée de l’aide ? Et surtout, quels résultats peuvent être vérifiés sur le terrain ?

À Minembwe, la crise humanitaire nourrit désormais une autre bataille : celle de la maîtrise du récit politique. Les faits humanitaires devront toutefois rester distincts des accusations entre protagonistes.

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