
À Kinshasa, sur l’esplanade du Palais du Peuple, la cérémonie du 5 avril 2026 célébrant les Léopards de la RDC a réuni des milliers de personnes autour du président Félix Tshisekedi, venu annoncer des récompenses (maisons, véhicules et primes). Mais l’événement a basculé en interpellation sociale lorsque la foule a scandé « Et nous ? », obligeant le chef de l’État à répondre par des références économiques et la formule « Le travail arrive », révélant un contraste entre célébration sportive et attentes sociales massives.
Fissure du triomphe
La victoire sportive s’élève, mais se fissure aussitôt sous le poids du réel. La foule ne contemple plus, elle interpelle : « Et nous ? ». Une fracture silencieuse s’ouvre entre gloire nationale et vie quotidienne. Comme le rappelait Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission. » Ici, la mission semble économique.
Rue en réplique
Le peuple ne répond plus par des applaudissements mais par une exigence nette : « Non. Nous voulons du travail ». La place devient caisse de résonance sociale. John Maynard Keynes écrivait : « Le problème politique de l’humanité est de combiner trois choses : efficacité économique, justice sociale et liberté individuelle. » L’équilibre vacille.
État face au réel
Le chef de l’État recentre le débat : baisse du dollar, indicateurs, trajectoire. Mais la rue ramène tout au concret. Nelson Mandela rappelait : « La pauvreté n’est pas un accident. Elle est faite par l’homme et peut être éliminée par des actions humaines. » Le discours politique se heurte à l’urgence vécue.
Promesse en suspens
« Le travail arrive », répète Félix Tshisekedi, phrase devenue refrain institutionnel. Elle flotte dans l’air dense du Palais du Peuple comme une attente prolongée. Albert Camus avertissait : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Le présent, lui, demeure en tension.
Entre célébration et revendication, la frontière s’est effacée. La fête a révélé une vérité nue : la reconnaissance symbolique ne suffit pas sans réponse sociale tangible. Comme le disait Winston Churchill : « La responsabilité est le prix de la grandeur. » À Kinshasa, elle résonne désormais comme une attente collective.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com