
Qualifiée pour la Coupe du monde 2026, la République démocratique du Congo hérite d’un groupe K explosif avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan. Portée par une qualification historique arrachée face à la Jamaïque et célébrée dans une liesse populaire à Kinshasa, la sélection congolaise s’avance avec une confiance nouvelle. Dans ce climat d’euphorie nationale, Cédric Bakambu a lâché une phrase choc « le Portugal est maîtrisable » qui incarne une ambition assumée : 52 ans après son unique Mondial en 1974 sous le nom du Zaïre, la RDC ne veut plus admirer les puissants, mais les défier.
Le choc des certitudes
« Le Portugal est maîtrisable ». L’énoncé frappe comme une ligne de fracture dans la géographie du football mondial. Il ne s’agit plus de respect distant, mais de contestation directe. Nelson Mandela résumait cette audace : « Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse ». La RDC s’autorise désormais à nommer l’impossible.
Kinshasa en transfiguration
Dans les rues de Kinshasa, la qualification a pris des allures de déferlante. Une foule immense, vibrante, presque incandescente, a porté les Léopards comme une épopée vivante. Frantz Fanon écrivait : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission ». Celle-ci semble avoir choisi le terrain comme théâtre de réaffirmation nationale.
Le spectre du Zaïre 1974
L’histoire s’impose comme une ombre longue. 1974 reste un souvenir unique, presque mythologique. Pierre Bourdieu rappelait que les structures symboliques façonnent les ambitions autant qu’elles les limitent. La RDC tente ici une rupture : transformer la nostalgie en continuité, le souvenir en stratégie.
Le vertige des puissants
Face au Portugal, à la Colombie et à l’Ouzbékistan, la hiérarchie semble figée. Pourtant, Bakambu introduit une dissonance. Aimé Césaire écrivait que « toute conquête est d’abord une conquête de la conscience ». Dans ce groupe K, la bataille commence peut-être moins sur le terrain que dans les esprits.
La RDC ne se contente plus d’entrer en Coupe du monde : elle y entre avec des mots qui bousculent l’ordre établi. Bakambu n’annonce pas une victoire, il affirme une possibilité. Et comme le rappelle Albert Camus, « la véritable générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Dans ce Mondial, les Léopards semblent décidés à donner bien plus qu’une présence : une rupture.
Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com