L’ancien vice-président défend l’ancrage historique des Banyamulenge au Sud-Kivu et appelle Martin Fayulu à retirer des propos qu’il juge discriminatoires. Au-delà de la polémique, le débat interroge les rapports entre identité, nationalité et droit en RDC.
Une polémique sur l’ancrage historique
Azarias Ruberwa hausse le ton contre Martin Fayulu. La controverse porte sur l’identité des Banyamulenge. Lors d’un Space animé jeudi par Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien vice-président a défendu leur ancrage historique au Sud-Kivu.
Il demande à Fayulu de retirer ses propos. Il les juge « extrémistes » et fondés sur le faciès.
Ruberwa affirme que les Banyamulenge vivent au Congo depuis plusieurs siècles. Il cite notamment Fizi et Mwenga. Il rappelle aussi que leur appartenance nationale a déjà nourri des débats à Lusaka et à Sun City.
L’histoire reste au cœur du débat
Cette lecture historique demeure contestée. Des travaux évoquent plusieurs vagues de populations parlant le kinyarwanda dans l’Est congolais.
Ils montrent surtout une identité construite dans un contexte complexe. Les migrations, les conflits et les recompositions politiques ont pesé sur cette évolution.
L’histoire ne suffit donc pas à régler la question de la citoyenneté.
Nationalité : le droit plutôt que le faciès
La Constitution congolaise établit un principe clair. L’article 10 affirme que la nationalité est « une et exclusive ». La loi distingue aussi la nationalité d’origine de la nationalité acquise.
L’enjeu dépasse l’identité communautaire. Il concerne l’autorité de l’État.
L’appartenance nationale ne peut reposer sur le faciès, l’ethnie ou une origine supposée. Elle relève du droit.
Quand les mots deviennent politiques
Albert Camus écrivait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. »
Dans les Grands Lacs, les mots ont une forte charge politique. « Congolais », « étranger », « autochtone » ou « Banyamulenge » ne sont pas de simples catégories.
Selon leur usage, ils peuvent protéger un droit. Ils peuvent aussi renforcer l’exclusion.
Une controverse qui dépasse Fayulu et Ruberwa
Le face-à-face entre Fayulu et Ruberwa révèle une question plus profonde. Elle concerne la capacité de l’État à définir l’appartenance nationale sans confondre identité culturelle et citoyenneté.
Lorsque l’identité devient un instrument politique, la confiance recule. Les tensions locales peuvent alors s’aggraver.
La RDC face au défi de l’appartenance
Cette controverse rappelle une exigence fondamentale. L’histoire doit éclairer le débat. Le droit doit déterminer la citoyenneté. La parole publique doit éviter les généralisations qui enferment les communautés.
La paix durable passe aussi par cette discipline des mots.
Comment la RDC peut-elle transformer les débats sur l’identité en un dialogue fondé sur les faits, le droit et la coexistence ?
Votre avis compte : laissez votre commentaire et partagez votre lecture de cette controverse.
Didier Bofatshi

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