À Beni, les attaques contre les équipes sanitaires révèlent un autre front de l’épidémie : celui de la confiance.
Le 19 août 2026, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, a promis une répression sévère contre ceux qui entravent la riposte contre Ebola. À Beni, une équipe de la Croix-Rouge a été prise à partie. Ces violences compliquent une réponse sanitaire déjà fragilisée par l’insécurité.
Une riposte sous pression
« Désormais, quiconque va s’entêter face à Ebola sera sévèrement réprimé », a déclaré le gouverneur le 19 août. Cette mise en garde intervient après l’agression d’une équipe de la Croix-Rouge à Beni, alors qu’elle menait des activités de sensibilisation et de riposte.
L’OMS avait recensé 12 attaques contre des acteurs ou structures de santé depuis la déclaration de l’urgence sanitaire internationale, le 17 mai. Elle estime que l’insécurité perturbe la surveillance, limite l’accès aux soins et expose la transmission à des zones moins contrôlées.
Le Nord-Kivu compte 12 zones de santé affectées sur 34. Les données évoluent rapidement, mais l’OMS qualifie cette flambée de plus importante jamais enregistrée en RDC.
Le virus invisible de la peur
Albert Camus écrivait, dans La Peste, que « le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l’ignorance ». Cette pensée ne permet pas de juger les populations. Elle aide plutôt à comprendre le rôle de la peur, de la désinformation et de la défiance dans une crise sanitaire.
L’insécurité devient un facteur épidémiologique. Une équipe empêchée d’atteindre une communauté ne peut plus surveiller les contacts, informer les familles ou orienter rapidement les malades.
La sécurité devient sanitaire
La réponse dépasse donc le seul champ médical. Elle exige une coopération entre autorités, communautés, partenaires internationaux et pays voisins. L’appui ougandais et le renforcement des capacités diagnostiques illustrent cette interdépendance régionale.
L’OMS rappelle d’ailleurs que le contrôle d’Ebola repose aussi sur l’engagement communautaire, la surveillance, la recherche des contacts et la prise en charge des malades.
La répression peut protéger les équipes. Mais elle ne remplacera jamais la confiance. Dans une région marquée par les conflits, la riposte doit gagner deux combats à la fois : contenir le virus et réduire la peur qui l’accompagne.
La question demeure : comment restaurer durablement la confiance des communautés pour que l’insécurité ne devienne pas le second virus de l’épidémie ?
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Didier Bofatshi

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