Le front sous surveillance

Dans un message de sensibilisation publié jeudi 9 juillet, le porte-parole a.i. des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, a renouvelé l’interdiction de l’usage non autorisé des smartphones en zones d’opérations. Cette mise en garde intervient après la diffusion de vidéos de militaires déployés dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu, où les forces gouvernementales affrontent les rebelles de l’AFC/M23.

Les FARDC smartphones sont désormais au cœur d’une autre bataille : celle de l’information. L’armée avertit qu’« un téléphone mal utilisé peut mettre en danger toute une unité ». Selon le commandement, une simple connexion peut révéler une position, faciliter le ciblage ennemi et compromettre des opérations entières.

Quand l’écran devient une cible

Dans les guerres modernes, le téléphone est devenu une arme silencieuse. « Toute guerre est fondée sur la tromperie », écrivait Sun Tzu. Aujourd’hui, cette tromperie passe aussi par les données numériques.

Les FARDC demandent ainsi aux soldats de ne partager ni images, ni effectifs, ni déplacements. Derrière cette consigne apparaît un impératif stratégique : préserver le secret opérationnel dans un conflit où l’information circule plus vite que les colonnes militaires.

Les voix du front

Cependant, les vidéos récemment diffusées révèlent également un malaise humain. Elles exposent les difficultés vécues par certains soldats engagés au combat.

Entre discipline et détresse, l’armée doit désormais gérer une guerre à double visage : celle menée contre l’AFC/M23 et celle de la perception publique.

Comme le rappelait Hannah Arendt, « le pouvoir et la violence sont des phénomènes distincts ». La sécurité impose le silence opérationnel. Mais le silence ne peut durablement étouffer les réalités du front.

La question demeure entière : comment protéger le secret militaire sans ignorer les voix qui montent des tranchées ? Car, selon Paul Valéry, « la guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas ». Et parfois, un simple écran éclaire les fissures invisibles d’un conflit.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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