La promesse trahie

Au Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en plénière mercredi 8 juillet 2026, la Première ministre congolaise Judith Suminwa a lancé un appel pressant pour faire de la résolution 1325 un instrument réel de justice. Dans un contexte de violences persistantes dans l’est de la RDC, elle a plaidé pour une paix fondée sur la dignité des survivantes et la lutte contre l’impunité.

La résolution 1325 est revenue au centre de l’agenda international. Depuis New York, la cheffe du gouvernement congolais a rappelé que les violences sexuelles liées aux conflits demeurent une plaie ouverte pour des milliers de femmes et d’enfants.

« Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur », a déclaré Judith Suminwa. « Elle doit être de prévenir les conditions qui la rendent possible. »

Quand les corps deviennent des champs de bataille

Derrière les viols de guerre se cachent des logiques plus profondes : contrôle des territoires, économies illicites, déplacements forcés et exploitation des ressources naturelles. Kinshasa estime que ces violences ne sont pas des dommages collatéraux, mais des armes de domination.

Comme l’écrivait Hannah Arendt, « la violence apparaît là où le pouvoir est en péril ». L’intervention congolaise sonne ainsi comme une mise en accusation des systèmes qui entretiennent l’impunité.

La paix au prix de la dignité

Judith Suminwa a également averti qu’aucune reconstruction n’est possible sans justice.

« On ne reconstruit pas une société en laissant ses survivantes sans justice », a-t-elle affirmé.

Alors que les initiatives diplomatiques peinent encore à produire des résultats durables dans l’est de la RDC, la présidence congolaise du Conseil de sécurité entend replacer les victimes au cœur des négociations.

« La prochaine étape ne peut pas être une nouvelle promesse. Elle doit être une promesse tenue », a insisté la Première ministre.

À l’heure où les armes continuent de parler, la RDC rappelle une vérité ancienne formulée par Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Reste désormais à savoir si la communauté internationale transformera enfin les engagements en actes, ou si la résolution 1325 demeurera l’un des plus beaux serments inachevés de l’histoire contemporaine.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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