À Lubumbashi, le général de brigade Eddy Kapend a parlé comme on frappe le métal : net, dur, sans bavure. Face à l’embrasement de l’Est et aux lignes de front mouvantes, son avertissement « la patrie ne tolère ni ne pardonne la trahison » résonne bien au-delà du Katanga. Il révèle une armée congolaise à la croisée des chemins, confrontée à l’urgence d’harmoniser ses commandements pour éviter que les silences, les failles et les contradictions ne deviennent des défaites.
Une armée à plusieurs rythmes
La RDC ne combat pas sur un seul tempo. Au Sud-Est, le Katanga reste calme, sous surveillance, tenu par une posture d’anticipation et de discipline. À l’Est, en revanche, la guerre impose sa loi : repli, pression régionale, ennemis hybrides, soupçons d’infiltration. Entre ces réalités, les FARDC avancent à plusieurs vitesses, avec des doctrines de commandement parfois dissonantes, tributaires des hommes plus que de l’institution.
La discipline comme ligne de front
À Lubumbashi, Eddy Kapend a rappelé l’essence du serment militaire : tenir, coûte que coûte. Pas de fuite. Pas d’ambiguïté. Le commandant promet d’être au-devant, au front, et d’exiger la même loyauté de ses troupes. Ce discours, ferme et frontal, vise autant l’ennemi extérieur que les fragilités internes : défections, complicités, démoralisation. Dans un pays marqué par les chutes rapides de villes stratégiques, la discipline devient une arme à part entière.
Réformer pour ne plus subir
Mais la fermeté ne suffit pas. L’harmonisation des commandements passe par des réformes structurelles : doctrine nationale claire, stabilité des chefs militaires, renseignement intégré, justice militaire crédible, logistique fiable, formation commune. Sans ces piliers, la rhétorique du sacrifice risque de se perdre dans le bruit des armes. Le message de Kapend, intact dans son propos, agit alors comme un signal : pour tenir le territoire, l’armée congolaise doit d’abord se tenir elle-même, unie, lisible, cohérente.
Didier BOFATSHI

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