À Kinshasa, Jean-Marc Kabund appelle à la mobilisation le 15 septembre contre le changement de Constitution. Son discours associe aussi la guerre dans l’Est aux intérêts économiques et politiques. Une articulation qui élargit le terrain de la contestation.

Kabund mobilise pour le 15 septembre

La Coalition Article 64 (C64) a annoncé une marche nationale le 15 septembre 2026 contre le projet de changement de Constitution. À Kinshasa, les manifestants doivent converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement.

L’Alliance pour le changement (A.Ch) de Jean-Marc Kabund participe à cette mobilisation. Selon les informations disponibles, son secrétaire général a appelé les Kinois à se rendre massivement devant l’Assemblée nationale.

La C64 affirme que le retour au Parlement de la loi portant organisation du référendum ne signifie pas l’abandon du projet constitutionnel. Elle redoute une modification susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.

La guerre entre dans le discours politique

Dans une vidéo parvenue à la rédaction, Kabund appelle également à dénoncer une guerre qui, selon lui, servirait des intérêts économiques et politiques :

« Venez nombreux pour dire non à une guerre qui sert d’intérêts économiques et politiques à un petit groupe d’individus »

L’expression « guerre économique » possède toutefois une référence présidentielle documentée. Le 22 septembre 2025, à New York, Félix Tshisekedi déclarait :

« Cette guerre n’a aucun soubassement politique ou autre; c’est une guerre économique qui nous est imposée pour le pillage de nos ressources naturelles »

L’ACP rapporte ces propos à partir d’un communiqué de la Présidence.

Un même mot, deux fonctions politiques

Chez Tshisekedi, la formule désigne la finalité économique qu’il attribue au conflit dans l’Est. En juin 2026, la Présidence a encore évoqué une « guerre économique » affectant la RDC depuis plusieurs décennies.

Chez Kabund, le terme intervient dans un appel à la mobilisation contre le pouvoir.

C’est le principal enseignement du sujet. La guerre devient un second registre de contestation autour de la Constitution. Elle permet d’associer sécurité, ressources naturelles, économie et gouvernance dans un même discours politique.

Cette évolution rappelle la réflexion de Hannah Arendt : « Le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme à agir de façon concertée. » La formule éclaire ici le rôle de la mobilisation collective. Elle ne prouve toutefois aucune intention cachée des acteurs.

Le 15 septembre constituera donc un test politique pour l’opposition. Il faudra distinguer ce qui est annoncé de ce qui sera effectivement réalisé.

La question reste entière : cette mobilisation parviendra-t-elle à transformer la contestation constitutionnelle en véritable rapport de force politique ?

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