La crise humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo attire de nouveau l’attention internationale. Après Kinshasa et Bujumbura, la Commissaire européenne chargée de l’égalité et de la gestion des crises, Hadja Lahbib, est arrivée à Kigali ce 19 février 2026, avant de se rendre à Goma, ville prise l’an dernier par le groupe AFC/M23 dans la province du Nord-Kivu. L’UE a annoncé un déblocage de 81,2 millions d’euros pour soutenir les populations affectées.
L’urgence d’un accès humanitaire
La Commissaire Lahbib a insisté sur le respect du droit international humanitaire et sur la sécurité des civils : « Tous doivent garantir la sécurité des civils et du personnel humanitaire. Et malheureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui. » Son déplacement à Goma vise à plaider pour un accès sans entrave aux populations vulnérables, rappelant la responsabilité de toutes les parties dans la protection des civils.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souvent souligné que « l’accès humanitaire est un droit, pas un privilège », une citation qui reflète la priorité affichée par l’Union européenne dans ce contexte.
Neutralité et coordination : la clef de l’efficacité
À Kigali, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a mis en avant la nécessité de garantir la neutralité de l’aide : « Les acteurs humanitaires sont les plus efficaces quand ils sont guidés uniquement par les besoins des populations affectées et qu’ils collaborent de manière pragmatique avec les acteurs présents sur le terrain. »
Cette approche rappelle les principes fondamentaux de la Croix-Rouge : neutralité, impartialité et indépendance, indispensables pour que l’aide atteigne ceux qui en ont le plus besoin, sans interférence politique.
Paix fragile et engagements internationaux
Malgré les accords signés à Doha, Washington et le Qatar, le cessez-le-feu reste précaire. La Commissaire européenne a souligné que le respect de ces textes est indispensable pour que l’aide puisse circuler : « Il faut un cessez-le-feu effectif pour que l’aide atteigne les populations. »
Comme l’a rappelé Jan Egeland, ancien coordonnateur humanitaire de l’ONU : « L’aide ne peut sauver des vies que si les armes se taisent. » L’UE et le Rwanda cherchent à conjuguer assistance humanitaire et appui à des solutions politiques durables, face à un conflit qui persiste malgré les accords de paix régionaux.
Dans l’Est de la RDC, l’action humanitaire reste suspendue à la diplomatie et à la discipline des belligérants. Pour Hadja Lahbib et l’UE, l’objectif est clair : garantir que l’aide ne soit pas un simple flux de fonds, mais un vecteur concret de protection et de survie pour des milliers de civils pris au piège du conflit.
RFI / voltefaceinfos7.com