Kinshasa, 19 août 2026. L’Association Africaine pour la Paix, la Justice et le Développement (APJD) a lancé officiellement ses activités ce mercredi à Kinshasa. La cérémonie s’est tenue au Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS), dans la salle Henri Deker. Des représentants diplomatiques, des organisations internationales et plusieurs responsables congolais ont pris part à cette rencontre.
Une entrée dans le paysage des droits humains
Me Barthélemy Ngwangu, coordonnateur national de l’APJD, a placé cette création dans un contexte marqué, selon lui, par plusieurs défis liés aux droits humains.
« La présente cérémonie dépasse le cadre d’un simple événement protocolaire. Elle symbolise un engagement ferme et un acte de foi en la dignité humaine, la justice, l’égalité et l’État de droit. Cet avènement intervient dans un contexte national caractérisés par : Des violations récurrentes des droits humains, Des inégalités sociales profondes, L’accès encore limité à la justice pour les vulnérables, Des dysfonctionnements électoraux persistants et Des conflits intercommunautaires liés à l’ignorance des droits par les communautés locales ».
Cette déclaration présente les raisons avancées par l’organisation. Elle fixe aussi les domaines dans lesquels l’APJD souhaite inscrire son action.
La référence à la dignité humaine rappelle une exigence centrale du droit international. La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Martin Luther King Jr. résumait cette responsabilité par une formule devenue célèbre : « L’injustice, où qu’elle soit, est une menace pour la justice partout. » Cette pensée éclaire le propos de l’APJD. Une atteinte aux droits d’une personne peut concerner toute la société.
La crédibilité comme principal enjeu
Le lancement officiel donne à l’APJD une visibilité nouvelle. Mais cette visibilité devra désormais s’appuyer sur des faits établis.
Une organisation de défense des droits humains doit documenter les faits. Elle doit aussi vérifier ses sources. Elle doit écouter les différentes parties. Enfin, elle doit protéger les personnes exposées.
C’est dans cette exigence que se trouve le principal enjeu de cette nouvelle structure. La crédibilité ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée.
Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Cette réflexion prend un sens particulier dans le travail de documentation. Une accusation non vérifiée peut fragiliser une victime. Elle peut aussi porter atteinte à une personne injustement mise en cause.
Un cadre légal revendiqué
Me Ngwangu a également rappelé le fondement juridique de l’organisation.
« La création de l’APJD incarne ainsi un espoir renouvelé pour nos communautés. Sur le plan légal, notre organisation a été constituée conformément à la Loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 portant dispositions générales applicables aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité publique en République Démocratique du Congo ».
Cette référence situe l’APJD dans le cadre légal des organisations sans but lucratif en RDC. Elle précise aussi le caractère institutionnel de son implantation.
L’organisation devra donc inscrire ses actions dans les limites de son statut. Elle devra également préserver son indépendance. La défense des droits humains exige une distance claire avec les intérêts politiques.
Après le lancement, l’épreuve des actes
La cérémonie du 19 août marque ainsi un début. Elle ne constitue pas encore un bilan.
L’APJD devra maintenant démontrer sa capacité à produire des informations fiables. Elle devra aussi transformer ses engagements en actions concrètes.
Nelson Mandela rappelait que « tout semble impossible jusqu’à ce qu’on le fasse ». Cette pensée souligne le défi qui attend l’organisation. Les principes annoncés devront désormais trouver une traduction sur le terrain.
Le véritable test sera donc celui des actes. L’APJD transformera-t-elle sa visibilité en crédibilité durable auprès des victimes, des institutions et du public congolais ?
Didier BOFATSHI

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