La science au front
En pleine résurgence d’Ebola dans l’est de la République Démocratique du Congo, le directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a entamé sa première visite officielle en RDC par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Un geste hautement symbolique qui confirme la centralité des enjeux sanitaires dans le partenariat franco-congolais.
La coopération sanitaire RDC-France vient de franchir une nouvelle étape. Du 13 au 15 juillet, Christophe Lecourtier a choisi de placer la recherche biomédicale au cœur de son agenda diplomatique en se rendant à l’INRB de Kinshasa, institution emblématique de la lutte contre les maladies émergentes.
Le laboratoire des sentinelles
Accueilli par le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, figure mondiale de la lutte contre Ebola, le responsable français a visité les laboratoires de l’institut et réaffirmé l’engagement de Paris.
« Vous jouez un rôle de sentinelle (…) pour l’Europe aussi, pour le monde », a déclaré Christophe Lecourtier, soulignant l’interdépendance croissante des systèmes de santé face aux menaces épidémiques.
De son côté, Jean-Jacques Muyembe a salué une coopération historique fondée sur la formation, le financement et le renforcement des capacités scientifiques congolaises.
« Beaucoup d’experts qui sont aujourd’hui sur le terrain ont été formés en France », a-t-il rappelé.
L’Ebola, révélateur stratégique
Au-delà de la santé publique, cette visite révèle une dimension géopolitique majeure. Dans un monde marqué par la multiplication des crises sanitaires, la RDC apparaît comme un acteur stratégique de la surveillance épidémiologique mondiale.
L’INRB, né d’une coopération vieille de plus de quarante ans, est progressivement devenu une plateforme scientifique de référence pour l’Afrique centrale. Le futur bâtiment administratif annoncé par l’AFD symbolise cette volonté de pérenniser le partenariat.
Comme l’écrivait Louis Pasteur, « la science n’a pas de patrie, parce que le savoir est le patrimoine de l’humanité ». À Kinshasa, cette maxime prend aujourd’hui tout son sens : protéger la santé des Congolais revient aussi à protéger celle du monde.
Avec plus de 731 millions d’euros engagés dans 35 projets en cours en RDC, le Groupe AFD confirme ainsi que la diplomatie du développement passe désormais autant par les laboratoires que par les chancelleries.
Didier BOFATSHI

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