Les accords de Washington existent. Noirs sur blanc. Paraphés, célébrés, salués. Mais dans l’Est de la RDC, les armes continuent de parler. Face à ce décalage brutal entre l’encre et le sang, João Lourenço élève la voix et convoque la responsabilité des États.
La signature comme promesse
Washington n’est pas qu’une ville : c’est un engagement. En appelant au respect des accords, Lourenço rappelle que la diplomatie n’est pas un décor, mais un contrat moral et politique. Retrait des forces étrangères, fin du soutien aux groupes armés, mécanismes conjoints de sécurité : la feuille de route est connue, mais mal empruntée.
L’autorité de l’UA comme rappel à l’ordre
Depuis Addis-Abeba, Lourenço parle au nom de l’Afrique. Son message est clair : une signature n’est pas une posture, c’est une obligation. En temps de crise, l’Union africaine se fait mémoire collective, rappelant que l’oubli des engagements nourrit la rechute des conflits.
L’accord incomplet, la paix ajournée
Mais Washington souffre d’un angle mort : l’absence du M23. Un accord sans tous les acteurs clés devient une digue fissurée. La mise en œuvre hésitante transforme la promesse en mirage.
L’appel de Lourenço sonne comme un avertissement contre la diplomatie de façade. Il pose une exigence simple et radicale : sans respect des accords, la paix restera un discours. Avec eux, elle peut devenir un chemin.
Didier BOFATSHI