Au Vatican, sur la place Saint-Pierre, le pape Léon XIV a lancé, lors de sa première bénédiction pascale « à la ville et au monde », un appel solennel à la paix devant plus de 50 000 fidèles. Dans un contexte mondial marqué par les conflits et les fractures géopolitiques, il a exhorté les puissants à renoncer à la guerre au profit du dialogue. Un message spirituel à forte portée politique, rappelant que la paix chrétienne n’est pas un silence imposé mais une construction exigeante et universelle.
“Paix sans chaînes”
« Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jean 14 : 27). Dans ces mots anciens résonne la fracture moderne. Léon XIV oppose la paix des dominations à celle des consciences éveillées. Une paix sans armure, sans drapeau imposé, sans vainqueur.
“Artisans du souffle”
« Heureux les artisans de paix » (Matthieu 5 : 9). Ici, la paix devient chantier. Bonhoeffer l’avait pressenti : « La paix est une décision contre la violence du monde ». Le pontife appelle à des bâtisseurs d’humanité, non des gestionnaires de conflits.
“Silence du monde blessé”
La « mondialisation de l’indifférence » évoque une planète anesthésiée. Levinas avertissait : « L’indifférence à l’autre est la forme moderne du mal ». Derrière l’abstraction, des visages effacés, des guerres normalisées, des souffrances invisibles.
“Tombe ouverte”
Pâques bouleverse la logique du tombeau. Barth l’affirmait : « La résurrection est la protestation contre la fatalité de la mort ». Ici, la paix n’est plus compromise, mais rupture avec l’histoire violente des nations.
Le message du Vatican dépasse la liturgie : il interroge la gouvernance du monde. « La paix n’est pas absence de guerre, mais présence de justice », rappelait Martin Luther King Jr. Dans le silence de Saint-Pierre, une interpellation demeure : bâtir la paix ou consentir au vacarme du monde. Et comme l’écrivait Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».
Didier BOFATSHI
Africanews / VF7, voltefaceinfos7.com
