Sud-Kivu : Fissure armée, les lignes du M23 se délitent à Fizi

Treize combattants affiliés au RDF/M23-Twirwaneho se sont rendus aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Mikenge, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Munis d’armes de type AK-47, ils ont quitté Minembwe-Centre avant de se livrer volontairement aux positions loyalistes, selon les opérations Sukola 2 relayées par l’ACP. Désarmés puis pris en charge, ils ont été intégrés au processus de démobilisation en cours. Cet épisode intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est du pays et de redéploiement des mécanismes militaires et diplomatiques de stabilisation.

Reddition en clair-obscur

Treize silhouettes déposent les armes, et avec elles une part de la géographie insurgée du Sud-Kivu. À Mikenge, la guerre ne crie pas : elle se dissout. « Ils ont été immédiatement pris en charge », souffle le communiqué militaire. Une phrase sèche, presque administrative, qui dit pourtant l’essentiel : la frontière bascule, silencieusement.

Brisure des lignes

Dans les collines de Fizi, les lignes de front ne sont plus des murs, mais des porosités. La reddition volontaire n’est jamais neutre : elle est fracture, hésitation, fatigue stratégique. Carl von Clausewitz rappelait que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Ici, elle semble parfois revenir à son point d’usure.

Silences de l’AK-47

Les armes déposées racontent ce que les discours taisent. Chaque fusil abandonné est une équation rompue entre peur, survie et désillusion. Les FARDC avancent dans un théâtre où la victoire ne se mesure plus seulement au feu, mais à la sortie du feu.

Échos de démobilisation

Le processus de démobilisation devient alors une autre scène du conflit : moins visible, plus décisive. Pour Johan Galtung, la paix durable suppose une « transformation des structures de violence ». Ici, elle commence par des gestes simples : déposer, se lever, partir autrement.

Treize combattants changent de camp, mais surtout de récit. Entre abandon et recomposition, la guerre perd une parcelle de sa continuité. Comme le rappelait Sun Tzu, « le plus grand succès est de vaincre sans combattre ». Mais dans le Sud-Kivu, la victoire la plus discrète est peut-être celle qui commence quand les armes se taisent d’elles-mêmes.

Didier BOFATSHI

RTNC / VF7, voltefaceinfos7.com

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