RDC : Tshisekedi sonne l’heure des comptes, l’immense audit des accords internationaux secoue le gouvernement

Le réveil des promesses

Kinshasa, 29 mai 2026. Le temps des signatures semble révolu. Le président Félix Tshisekedi a ordonné au gouvernement de dresser, dans un délai de 30 jours, l’inventaire complet et l’évaluation de tous les accords internationaux conclus par la République Démocratique du Congo. L’objectif est clair : transformer les engagements diplomatiques en résultats visibles pour la population.

Cette décision a été annoncée lors de la 91e réunion du Conseil des ministres. Le Chef de l’État exige un suivi rigoureux des partenariats conclus dans les secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, les mines, l’énergie, la santé, l’agriculture, l’éducation et le numérique.

Quand les parchemins parlent

Derrière cette initiative se cache une interrogation fondamentale : combien d’accords signés au nom de la RDC produisent réellement leurs effets ? « Les engagements internationaux de la République ne doivent pas demeurer de simples instruments déclaratoires », a insisté Félix Tshisekedi. Une manière de rappeler que la diplomatie ne se mesure pas à l’encre des signatures, mais à la réalité des transformations qu’elle génère.

Le philosophe Montesquieu avertissait déjà : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. » L’évaluation devient ainsi un instrument de contrôle et de redevabilité.

La chasse aux accords fantômes

La future matrice gouvernementale devra identifier les bénéfices attendus, le niveau d’exécution réel, les obstacles rencontrés et les responsabilités sectorielles. Plus qu’un document technique, elle constitue une radiographie de l’action publique.

Cette démarche intervient alors que la RDC multiplie les partenariats régionaux et internationaux, notamment autour de la stabilité dans l’Est du pays et des accords de Washington destinés à soutenir la paix et les investissements.

L’épreuve de vérité

Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité de l’État qui est en jeu. Les Congolais attendent désormais des preuves plutôt que des promesses. « Ce qui ne se mesure pas ne se gère pas », rappelait Peter Drucker. La véritable bataille commence donc après l’inventaire.

Car au bout de chaque accord sommeille une attente nationale. Et comme l’écrivait Victor Hugo, « l’avenir est une porte, le passé en est la clé ». Pour Kinshasa, l’heure est venue d’ouvrir cette porte et de vérifier si les promesses du monde ont réellement changé le destin du Congo.

Didier BOFATSHI

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