RDC : Tshisekedi impose le “pilotage souverain” de l’aide au développement, un tournant stratégique du Conseil des ministres

“Reprendre la main sur les financements du développement”

À Kinshasa, lors de la 91ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a élevé la coordination de l’aide au développement au rang de priorité stratégique de l’État. Selon le compte-rendu officiel présenté par le ministre Augustin Kibassa Maliba, l’exécutif entend renforcer le contrôle et l’orientation des ressources extérieures afin de mieux les aligner sur les priorités nationales. Une décision qui s’inscrit dans une logique de souveraineté économique et de rationalisation de la coopération internationale.

“Conseil des ministres : la doctrine du recentrage”

Réuni à Kinshasa, le Conseil des ministres a acté une inflexion majeure de la politique de développement. Le cadre de coordination et d’orientation de l’aide est désormais présenté comme un outil central de gouvernance. Objectif : éviter la dispersion des financements et renforcer la cohérence des interventions des partenaires techniques et financiers.

“Souveraineté financière : l’État au centre du jeu”

Pour le chef de l’État, la question de l’aide extérieure dépasse la simple gestion technique. Elle touche directement à la souveraineté nationale.

« La souveraineté de notre pays s’exprime également à travers sa capacité à orienter les ressources extérieures vers ses propres priorités », a-t-il souligné lors de la réunion, selon le compte-rendu gouvernemental. Dans cette logique, l’État entend devenir le véritable chef d’orchestre des flux d’aide, longtemps fragmentés entre multiples acteurs.

“Rationaliser pour mieux gouverner”

Le nouveau dispositif vise une meilleure harmonisation entre financements internationaux et priorités nationales de développement. Santé, infrastructures, éducation ou sécurité : les secteurs stratégiques sont au cœur du recentrage. Le gouvernement ambitionne également de renforcer les mécanismes de suivi, afin d’accroître la transparence et l’efficacité des projets financés par les partenaires extérieurs.

“Une gouvernance sous tension constructive”

Cette orientation intervient dans un contexte où la RDC dépend encore fortement des appuis internationaux pour financer une partie importante de ses politiques publiques. La 91ᵉ réunion du Conseil des ministres marque ainsi une volonté politique claire : transformer l’aide en levier de développement maîtrisé, et non en simple flux externe déconnecté des priorités nationales.

“Reprendre la souveraineté par la coordination”

En plaçant la coordination de l’aide au cœur de sa stratégie, Kinshasa affirme une ambition : celle d’un État qui planifie, arbitre et oriente.

« Gouverner, c’est choisir », rappelait Charles de Gaulle. Dans le cas congolais, il s’agit désormais de choisir aussi la manière dont le développement se finance et se structure. Une nouvelle doctrine se dessine : celle d’une souveraineté qui ne se proclame pas seulement, mais qui se construit dans la gestion concrète des ressources.

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