RDC : Le CSAC verrouille le débat constitutionnel, Christian Bosembe veut remettre de l’ordre sur les plateaux télé

Le grand cadrage

Kinshasa, dimanche 31 mai 2026. Alors que la question de la révision constitutionnelle gagne du terrain dans l’espace public, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) entend reprendre la main. Selon l’information consultée sur Actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, son président, Christian Bosembe, a annoncé l’organisation d’un vaste débat télévisé national retransmis sur la RTNC et plusieurs médias privés. Dans le même élan, il souhaite que les partis politiques transmettent aux médias la liste officielle de leurs porte-parole habilités à intervenir sur les antennes.

Le temple de la parole

Pour Christian Bosembe, le débat constitutionnel ne peut rester l’apanage d’une poignée d’acteurs politiques. « Refuser le débat est une posture antidémocratique », a-t-il déclaré lors d’un Space animé par les journalistes Stanis Bujakera Tshiamala et Patient Ligodi.

Derrière cette initiative apparaît une volonté de replacer le citoyen au cœur d’un sujet qui engage l’avenir institutionnel de la République. Le régulateur veut transformer les plateaux de télévision en espaces d’explication plutôt qu’en arènes d’invectives.

La chasse aux voix sans mandat

L’autre annonce est tout aussi significative. Le CSAC veut assainir les débats politiques en limitant la prolifération d’intervenants non mandatés. Une démarche qui vise à renforcer la responsabilité des partis tout en améliorant la qualité des échanges médiatiques. Comme l’affirmait Jürgen Habermas : « La démocratie vit de la force du meilleur argument. » L’enjeu est donc moins de multiplier les voix que d’élever le niveau du débat.

L’épreuve du pluralisme

Reste une question essentielle : comment réguler sans restreindre ? Toute démocratie mature repose sur un équilibre fragile entre liberté et responsabilité. En rejetant la notion de « troisième mandat » et en rappelant les implications juridiques d’une nouvelle Constitution, Christian Bosembe tente déjà de recadrer le débat sur le terrain du droit.

Car au-delà des écrans, c’est la conscience citoyenne qui est appelée à se prononcer. Et comme le rappelait Alexis de Tocqueville, « le destin des démocraties dépend des mœurs de leurs citoyens ». Dans la bataille des idées qui s’annonce, la qualité de la parole publique pourrait devenir le premier rempart de la République.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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