
Le cri sous le dôme
La Constitution congolaise s’est invitée au cœur du débat politique. Lors d’un Space live animé le lundi 2 juin par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant Delly Sesanga a dénoncé le projet de révision constitutionnelle porté par la majorité présidentielle. L’ancien député estime que l’enjeu dépasse largement une simple réforme institutionnelle. Derrière le texte, c’est l’équilibre du pouvoir, la transparence de la gestion publique et l’avenir de l’État de droit qui se jouent.
Quand la loi devient une citadelle
Pour Delly Sesanga, la Constitution n’appartient ni à un camp politique ni à une majorité circonstancielle. Elle demeure le socle du contrat national. Son intervention suggère qu’une modification des règles fondamentales pourrait affaiblir les mécanismes de contrôle démocratique.
« Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser », écrivait Montesquieu. Cette citation résonne avec une force particulière dans un contexte où la question des limites du pouvoir revient au premier plan du débat public.
Les comptes derrière les mots
L’analyse de Sesanga laisse également apparaître une autre lecture. La bataille constitutionnelle serait aussi liée à l’exigence de redevabilité dans la gestion des ressources publiques. L’ancien élu évoque ainsi la nécessité de préserver les garde-fous institutionnels permettant aux citoyens de demander des comptes aux gouvernants.
Au-delà des discours, c’est donc la question du contrôle de l’action publique qui surgit en filigrane.
Le miroir de la démocratie
Cette controverse révèle une interrogation fondamentale : jusqu’où une majorité peut-elle remodeler les règles qui encadrent son propre exercice du pouvoir ? Alexis de Tocqueville mettait déjà en garde contre la « tyrannie de la majorité », rappelant que la démocratie repose autant sur les contre-pouvoirs que sur les urnes.
Au fond, le débat dépasse les acteurs du moment. Il concerne l’héritage institutionnel de la République et la protection du bien commun. Comme l’affirmait Jean-Jacques Rousseau, « la souveraineté ne peut être représentée ». Une formule qui interpelle encore aujourd’hui. Car lorsque la Constitution devient un champ de bataille, c’est souvent l’avenir de la nation qui se tient en première ligne.
Didier BOFATSHI

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