La bataille des versions
Le rapport HRW sur les violences du sit-in de l’opposition du 12 juin à Kinshasa provoque une nouvelle confrontation politique. L’UDPS/Tshisekedi conteste les conclusions de l’ONG Human Rights Watch et affirme que son enquête reste incomplète. Dans un communiqué publié dimanche 12 juillet, le secrétaire général Augustin Kabuya rejette toute implication de la Force du Progrès dans ces incidents.
Selon le parti présidentiel, aucune structure officielle de l’UDPS n’aurait mobilisé des militants pour empêcher la manifestation de la Coalition Article 64. Le parti soutient également que HRW n’a pas sollicité ses responsables avant la publication de ses conclusions.
Les preuves au cœur du débat
L’UDPS affirme avoir déjà saisi la justice congolaise. Elle demande à Human Rights Watch de transmettre les éléments d’identification des personnes citées afin de permettre des vérifications judiciaires.
De son côté, l’organisation de défense des droits humains affirme avoir interrogé 38 personnes, dont 15 manifestants blessés et sept personnes se présentant comme membres de la Force du Progrès. HRW soutient que certains témoins ont déclaré avoir été mobilisés par des responsables de l’UDPS.
La justice comme arbitre
Au-delà de la polémique, l’affaire pose une question centrale : comment établir la vérité dans un contexte politique fortement polarisé ?
« La vérité est la première victime de la guerre », écrivait Arthur Ponsonby. Dans cette crise, la bataille des récits oppose accusations publiques et demandes de preuves.
L’UDPS rappelle que la Force du Progrès est une structure de mobilisation de sa Ligue des jeunes et non une organisation violente. Elle menace toutefois des poursuites contre toute publication jugée diffamatoire.
Désormais, l’enjeu dépasse les acteurs politiques. Il concerne la crédibilité des institutions, la protection des libertés publiques et la capacité de la justice à établir les responsabilités. Comme le rappelait Hannah Arendt, « le droit d’avoir des droits est le fondement même de la dignité humaine ». La suite dépendra donc moins des déclarations que de la solidité des preuves produites devant la justice.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime
