
“Le débat fondamental relancé à l’Université de Kinshasa”
À Kinshasa, lors d’une réflexion scientifique organisée par le Département de droit public interne de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa, le professeur émérite Évariste Boshab a relancé le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise du 18 février 2006. Face aux universitaires et spécialistes réunis pour marquer la fin du mandat du professeur Dieudonné Kaluba Dibwa à la tête du département, il a plaidé pour une amélioration du texte fondamental avec l’appui d’experts indépendants, en s’inspirant des pratiques observées ailleurs dans le monde.
“Une Constitution face au temps”
Au cœur des échanges, une idée centrale : la Constitution n’est pas un texte figé. Elle évolue avec les transformations sociales, politiques et institutionnelles du pays. Selon le professeur Boshab, toute œuvre humaine est appelée à s’adapter aux réalités nouvelles. Une lecture qui remet en perspective les débats sur les dispositions dites intangibles.
“L’expertise comme boussole de réforme”
Le juriste plaide pour une démarche structurée et scientifique. Toute éventuelle révision devrait, selon lui, être confiée à des experts indépendants, capables d’apporter un regard neutre et comparatif. Il insiste sur la nécessité de s’inspirer des expériences étrangères afin d’en tirer des enseignements utiles pour la République démocratique du Congo.
“Le miroir international : l’exemple français”
Pour appuyer son argumentation, Boshab évoque le cas de la France, où les débats constitutionnels occupent régulièrement l’espace politique et académique. Cette comparaison vise à montrer que la révision des textes fondamentaux n’est pas une anomalie, mais une pratique institutionnelle dans plusieurs démocraties établies.
“Le déficit scientifique au cœur du débat”
Le professeur regrette toutefois la faiblesse de la production académique en RDC sur les questions de révision constitutionnelle. Un manque qui, selon lui, limite la profondeur du débat national. Il appelle à renforcer la recherche juridique afin d’éclairer les décisions politiques par des analyses rigoureuses et documentées.
“Entre science et politique, une Constitution en question”
Le débat relancé à l’Université de Kinshasa met en lumière une tension constante : celle entre stabilité institutionnelle et nécessité d’adaptation. « Une Constitution doit vivre avec son peuple », résume une maxime du droit constitutionnel contemporain.
Comme le rappelle Montesquieu : « Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires ». Dans cette perspective, la réflexion sur la Constitution congolaise s’impose désormais comme un chantier intellectuel majeur, entre rigueur scientifique et enjeux politiques profonds.
Didier BOFATSHI

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