À Yaoundé, la RDC joue la carte de la Francophonie
La République Démocratique du Congo a officiellement intensifié son plaidoyer en faveur de la candidature de Julianna Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). À la tribune de la 51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), à Yaoundé, Jean-Michel Sama Lukonde a appelé les États membres à soutenir cette candidature, qu’il présente comme porteuse d’une nouvelle ambition climatique et solidaire.
La candidature RDC OIF s’impose désormais comme l’un des principaux axes de la diplomatie congolaise au sein de l’espace francophone. Devant les parlementaires réunis au Cameroun, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a invité les États membres de la Francophonie à porter leur choix sur Julianna Lumumba lors du prochain sommet de l’organisation.
« C’est une opportunité que je vous invite à saisir », a déclaré le président du Sénat, soulignant que la candidate congolaise entend faire du climat et de la solidarité internationale les piliers de son éventuel mandat.
Le climat au cœur du plaidoyer congolais
Selon Jean-Michel Sama Lukonde, Julianna Lumumba envisage de promouvoir, en priorité, un pacte climatique francophone destiné à soutenir les pays les plus exposés aux effets du changement climatique.
Cette vision s’inscrit dans le discours plus large de la RDC qui se présente comme un « pays-solution » face au dérèglement climatique mondial. Avec le bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète après l’Amazonie, le pays revendique un rôle central dans la préservation des équilibres environnementaux mondiaux.
Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry, « nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ». À Yaoundé, Kinshasa a ainsi voulu rappeler que la protection de l’environnement est désormais indissociable des enjeux de développement et de sécurité.
Guerre et climat, un même combat
Le président du Sénat a également mis en avant les conséquences environnementales du conflit dans l’Est de la RDC. Selon lui, les activités militaires liées à la rébellion du M23-AFC soutenue par le Rwanda entraînent des destructions humaines et écologiques majeures.
« On ne peut pas prétendre assurer un équilibre climatique avec la guerre », a-t-il affirmé, évoquant la destruction de la faune, de la flore et la pollution des ressources hydriques.
Pour Kinshasa, la paix apparaît ainsi comme une condition indispensable à la protection de l’environnement et à la mise en œuvre des politiques climatiques.
La RDC, entre diplomatie et leadership écologique
Le président du Sénat a enfin mis en avant le projet du Couloir vert Kivu-Kinshasa, vaste initiative de préservation environnementale couvrant plus de 500 000 kilomètres carrés, portée sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.
À travers cette candidature à la tête de l’OIF, la RDC cherche non seulement à accroître son influence diplomatique, mais aussi à imposer le climat comme une priorité de la gouvernance francophone.
Comme le rappelait Victor Hugo, « l’avenir est une porte, le passé en est la clé ». À Yaoundé, Kinshasa tente précisément d’ouvrir cette porte en transformant son potentiel écologique en levier d’influence internationale.
Didier BOFATSHI

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