
Un pays sans miroir démographique
La République Démocratique du Congo s’apprête à lancer, en juillet 2027, son deuxième recensement général de la population, le premier depuis plus de quarante ans. Selon les informations relayées par Voltefaceinfos7.com à partir des données de RFI, les travaux préparatoires ont débuté cette semaine avec une opération cartographique nationale, prélude à un chantier administratif et logistique d’ampleur exceptionnelle.
Kinshasa, point de départ d’un chantier national
L’opération démarre par le recrutement des agents de cartographie censitaire à Kinshasa, avant une extension progressive sur l’ensemble du territoire. Objectif affiché : préparer un dénombrement complet de la population dès juillet 2027. Cette étape est présentée par les autorités comme une priorité stratégique, à l’orée des élections générales prévues en 2028.
Un calendrier sous lecture politique
Le choix de la période interroge déjà. À moins d’un an du scrutin, certains observateurs y voient un risque de tension institutionnelle ou de reconfiguration du calendrier électoral. Le gouvernement, par la voix du ministre d’État au Plan Guylain Nyembo Mbwizya, rejette toute lecture politique et insiste sur une finalité technique : « boucler les opérations avant fin 2027 », afin de sanctuariser le processus.
200 millions $ pour compter une nation
Le coût global du recensement est estimé à environ 200 millions de dollars. Le financement repose sur une architecture mixte : 30 millions déjà engagés par l’État congolais, 100 millions promis par la Banque mondiale, et 80 millions annoncés par la Banque africaine de développement. Une mécanique financière lourde, reflet d’un projet structurant.
Un territoire, une équation sécuritaire
Reste la question du terrain. Dans un pays marqué par des zones d’instabilité, la couverture exhaustive du territoire demeure un défi majeur. Les autorités évoquent une approche progressive, combinant technologie, partenaires spécialisés et adaptation logistique, s’inspirant notamment d’expériences nationales antérieures.
Comme le souligne RFI, ce recensement est présenté comme un « chantier colossal », où se joue bien plus qu’un simple comptage : une photographie politique, sociale et économique d’un État en quête de lisibilité. Dans cette entreprise, la RDC ne compte pas seulement ses habitants elle tente de se raconter à elle-même.
Didier BOFATSHI

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