UNIKIN : La forteresse académique résiste aux vents politiques cours maintenus, campus debout malgré l’appel à la ville morte

Campus en sursis, savoir en marche

L’Université de Kinshasa (UNIKIN) a maintenu, ce mercredi 3 juin 2026, le rythme normal de ses activités académiques sur le site de Mont-Amba, en pleine tension politique marquée par un appel à la « ville morte ». Selon les informations consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com sur la page officielle de l’université, les cours, jurys et évaluations se sont poursuivis sans interruption, sous la supervision du Recteur, le Professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba. Dans un climat national agité par les débats sur la révision constitutionnelle et le référendum, le campus est resté debout, silencieux mais actif, comme une mécanique de savoir refusant l’arrêt.

Mont-Amba, îlot de stabilité

Sur le terrain, les amphithéâtres ont vibré au rythme des enseignements. Les étudiants étaient présents, les enseignants également. « L’université doit rester un espace de continuité », confie un responsable académique, soulignant la discipline observée. Les évaluations et jurys se sont déroulés normalement, tandis que le Complexe scolaire Mont-Amba poursuivait ses examens dans une atmosphère qualifiée de sereine. Ici, le savoir avance, indifférent aux secousses extérieures, comme une mémoire collective qui refuse la rupture.

L’État du savoir face au tumulte

La visite du Recteur s’inscrit dans une logique de contrôle et de sensibilisation. Il rappelle l’adhésion de l’institution aux appels des autorités en faveur de la paix et de la stabilité. L’Université apparaît ainsi comme un baromètre social, oscillant entre discipline académique et pression politique. Dans ce décor, la continuité devient un acte presque politique, sans être partisan : enseigner, c’est tenir.

Résilience ou devoir de transmission

Cette stabilité universitaire interroge. Elle révèle une résilience institutionnelle face aux turbulences nationales, mais aussi une responsabilité : celle de préserver le cycle du savoir. Comme l’écrivait Émile Durkheim, « l’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale ». Ici, cette action continue, coûte que coûte.

Le silence qui enseigne

L’UNIKIN ne s’est pas arrêtée. Elle a parlé autrement : par les craies, les voix, les examens. Et dans ce silence académique, une leçon s’impose, presque solennelle : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde » (Nelson Mandela). À Mont-Amba, cette arme ne s’est jamais posée.

Dans un pays où les vents politiques soufflent fort, le campus rappelle une évidence : la connaissance ne fait pas grève.

Didier BOFATSHI

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