RDC-Paix à l’Est : depuis Istanbul, Sama Lukonde alerte l’UIP et dramatise une guerre diplomatique sous couvert d’espoir

Information consultée sur le site de l’ACP par la rédaction de voltefaceinfos7.com : à la clôture de la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire, tenue à Istanbul ce 20 avril 2026, Jean-Michel Sama Lukonde a appelé à un soutien renforcé aux processus de paix en République démocratique du Congo, dénonçant l’implication du Rwanda et plaidant pour une mobilisation internationale accrue face à la crise persistante à l’Est.

Le verbe comme champ de bataille

Dans l’enceinte feutrée de l’UIP, au terme des assises d’Istanbul, Sama Lukonde a fixé le cap : « Nous souhaitons léguer aux générations futures une RDC en paix ». Mais derrière cette promesse, le ton se durcit. Évoquant une “agression injuste”, il interpelle directement Kigali et exige le respect du cessez-le-feu. Comme le théorise Joseph Nye, “le pouvoir de convaincre peut valoir celui de contraindre” Kinshasa impose ici son récit.

L’arène mondiale, miroir du pouvoir

Dans ce contexte diplomatique précis clôture officielle, présence de délégations mondiales, bilan des travaux la parole devient acte. Sama Lukonde ne se limite pas à informer : il construit une stature. “La parole politique fait exister ce qu’elle énonce”, écrivait Pierre Bourdieu. En rendant compte de sa mission, il consolide son rôle de pivot institutionnel.

Les parlements, armée invisible

En marge des travaux principaux, notamment au sein du groupe africain et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, le président du Sénat a plaidé pour une implication accrue des parlements. Une stratégie discrète mais structurante, conforme à la vision de Hedley Bull d’une diplomatie élargie.

La paix mise en scène

Dans son intervention, il a également évoqué les discussions en cours à Washington et Doha, soulignant la nécessité d’un accompagnement international. “Le pouvoir naît de l’action collective”, rappelait Hannah Arendt. Mais ici, l’enjeu est aussi de maintenir la dynamique, malgré l’absence de percée décisive.

À Istanbul, dans ce moment charnière de clôture et de projection diplomatique, la RDC a choisi d’occuper l’espace, de nommer l’adversaire et de revendiquer la paix. “La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens”, écrivait Carl von Clausewitz. Dans ce cas précis, la paix devient un langage stratégique. Et comme le résume Raymond Aron, “les États parlent de morale, mais agissent selon leurs intérêts”. À Istanbul, les mots ont résonné mais derrière eux, le combat reste entier.

Didier BOFATSHI

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