Kinshasa : ITM et La Fraternité, l’alliance qui rebat les cartes du pouvoir local dans une scène sociale électrisée

L’ASBL La Fraternité a accueilli, le dimanche dernier, une importante délégation de l’Initiative Tony Mwaba (ITM), conduite par son secrétaire général, M. Roger Mikanda, accompagné du secrétaire général adjoint, M. Didier Akelangesa, ainsi que d’une équipe nationale. La rencontre s’est tenue dans le cadre solennel de l’École Chrétienne La Grâce, située dans la commune de Mont-Ngafula, au quartier Ngansele, transformée pour l’occasion en véritable espace d’échanges stratégiques et de projection institutionnelle.

Devant une forte mobilisation des membres de l’ASBL La Fraternité, venus de différents coins de Kinshasa, ainsi que des académiciens de l’Académie des Sports Jésus-Christ Sauveur du Milieu, la séance a été ouverte aux environs de 16 heures sous la modération de M. Théophile Luboya Kakolesha, dans une ambiance à la fois disciplinée et empreinte d’attentes collectives.

Deux piliers d’une architecture associative

Dans son mot introductif, le modérateur a mis en lumière les deux axes structurants de la Fraternité : un axe social, fondé sur l’entraide, la solidarité et l’assistance communautaire ; et un axe politique, orienté vers la promotion des membres et leur valorisation dans les dynamiques de représentation. « Toute organisation durable repose sur un équilibre entre lien social et vision collective », écrivait Robert Putnam, une idée qui résonne avec la structuration assumée de la Fraternité.

Une mémoire électorale devenue levier social

Prenant la parole, le coordonnateur de la structure, M. Richard Ndala, a retracé l’évolution de l’organisation. Créée en 2006, à l’occasion du premier processus électoral en République Démocratique du Congo, la Fraternité avait pour mission initiale de sensibiliser les citoyens à l’importance du vote et à la responsabilité du choix des dirigeants.

Cette mission s’est poursuivie lors des échéances électorales de 2011 et 2018, avant de s’élargir progressivement vers un champ d’action plus social, intégrant l’entraide communautaire tout en conservant une dimension politique assumée. Comme le rappelait Alexis de Tocqueville, « les associations forment des écoles de démocratie », une lecture qui éclaire la trajectoire progressive de la Fraternité.

Une affiliation pensée comme levier d’expansion

Dans cette dynamique, l’ASBL La Fraternité a engagé des démarches en vue de son affiliation à une structure capable de l’accompagner dans la consolidation de ses objectifs. Après analyse, le choix s’est porté sur l’Initiative Tony Mwaba, portée par le professeur ordinaire Tony Mwaba Kazadi, ancien ministre de l’EPST, aujourd’hui député national.

Selon M. Richard Ndala, le processus repose sur trois étapes essentielles : l’expression officielle de la volonté d’adhésion auprès de l’ITM, la démonstration de la capacité de mobilisation de la base, et la formalisation par une correspondance officielle. « La force d’un mouvement réside dans sa capacité à s’organiser », soulignait Max Weber, une logique perceptible dans cette démarche structurée.

Une pédagogie d’engagement et de discipline

Intervenant à son tour, le secrétaire général adjoint Didier Akelangesa a rappelé que l’adhésion à l’Initiative Tony Mwaba est gratuite et ouverte à tous, inscrivant ainsi la démarche dans une logique d’inclusion. Sur le plan politique, il a insisté sur des valeurs essentielles devant guider les membres : le travail, la discipline et la fidélité. « Sans discipline collective, aucune organisation ne survit », écrivait Émile Durkheim, une idée qui cadre avec cette exigence d’encadrement.

Pour sa part, le secrétaire général Roger Mikanda, dans une posture d’observation attentive, a exprimé la disponibilité de l’ITM à accompagner la Fraternité dès réception de la lettre officielle confirmant son adhésion.

Des moments symboliques à forte charge sociale

Deux temps forts ont marqué la rencontre. D’une part, un geste social significatif : au nom de l’ITM, Didier Akelangesa a pris en charge la scolarité d’une jeune fille, capitaine de l’équipe et régulièrement inscrite au lycée Sacré-Cœur de Kimwenza. Ce geste a été annoncé à l’issue de son mot d’accueil et salué comme une expression concrète de solidarité éducative. « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », rappelait Nelson Mandela, une citation qui donne toute sa portée à ce geste.

D’autre part, une prestation sportive féminine dynamique a mis en lumière l’équipe de l’Académie des Sports Jésus-Christ Sauveur du Milieu, illustrant la vitalité et le potentiel de la jeunesse encadrée.

Didier BOFATSHI

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