RDC : L’UDPS ouvre le chantier brûlant de la Constitution, Kinshasa entre dans la zone des grandes manœuvres politiques

Le réveil du texte sacré

À Kinshasa, les murs politiques recommencent à trembler autour de la Constitution. Vendredi 22 mai, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) a lancé des consultations politiques en vue de la création de la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4C). Conduites par le secrétaire général Augustin Kabuya Tshilumba à la permanence du parti à Limete, ces rencontres réunissent figures politiques, responsables de la société civile et leaders d’opinion autour d’un débat aussi stratégique qu’explosif : l’avenir du texte fondamental congolais.

Les coulisses d’un séisme institutionnel

Derrière les poignées de mains et les consultations discrètes se joue une bataille de vision. L’UDPS présente cette initiative comme un cadre de réflexion destiné à adapter certaines dispositions constitutionnelles aux réalités actuelles du pays. Plusieurs personnalités, dont l’évêque Pascal Mukuna, Gabriel Mokia, Lisanga Bonganga ainsi qu’une délégation du Nouvel Élan, ont déjà été reçues.

Mais dans les couloirs politiques, le sujet dépasse largement une simple réforme technique. « Une Constitution est un esprit, des institutions et une pratique », rappelait le général Charles de Gaulle. En RDC, toucher à ce texte revient souvent à réveiller les mémoires des grandes tensions institutionnelles. La République sous haute tension

Depuis plusieurs mois, des voix proches du pouvoir évoquent la nécessité d’une adaptation constitutionnelle. En face, une partie de l’opposition et de la société civile redoute une fragilisation du consensus national et met en garde contre toute initiative pouvant bouleverser l’équilibre institutionnel.

Le débat révèle une fracture plus profonde : celle entre stabilité politique et volonté de refondation. La Constitution devient alors plus qu’un texte juridique ; elle se transforme en champ symbolique où s’affrontent ambitions, peurs et projections du futur congolais.

Quand les mots déplacent les frontières

Ces consultations marquent peut-être le début d’une nouvelle séquence politique en RDC. Le pouvoir cherche à construire une majorité d’idées avant une majorité d’adhésion populaire. Dans ce brasier institutionnel, chaque déclaration devient une étincelle.

Montesquieu avertissait : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois. » À Kinshasa, le débat constitutionnel revient ainsi comme un fleuve puissant : capable de fertiliser la République ou d’emporter ses digues les plus fragiles.

Didier BOFATSHI

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