
Le verbe qui fissure le pouvoir
En République Démocratique du Congo, le débat politique s’enflamme à nouveau. Dimanche 24 mai 2026, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, ancien président intérimaire de l’UDPS et ex-proche du pouvoir, a lancé une charge d’une rare violence contre l’Union sacrée de la Nation. Selon ses propos tenus lors d’un Space animé avec le journaliste Stanis Bujakera, la coalition au pouvoir serait un « conglomérat d’aventuriers » dépourvu de colonne vertébrale idéologique.
Selon l’information consultée sur ACP par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette sortie intervient dans un climat politique déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance et des équilibres institutionnels.
Mémoire politique et répétition des cycles
Kabund inscrit sa critique dans une lecture historique du pouvoir en RDC. Il évoque une continuité de comportements politiques allant de Mobutu à Joseph Kabila, jusqu’à l’actuel président Félix Tshisekedi. À chaque époque, selon lui, les élites politiques auraient recyclé les mêmes réflexes de loyauté opportuniste, scandés hier par « Sese Seko » et « Wumela », aujourd’hui réadaptés autour du pouvoir en place.
« L’histoire ne se répète pas, elle bégaie », écrivait Karl Marx. Cette phrase trouve ici une résonance particulière, tant les dynamiques dénoncées semblent s’inscrire dans une logique de reproduction des mêmes mécanismes de captation du pouvoir.
Le spectre du troisième mandat
Au cœur de cette sortie, une accusation centrale : la tentation d’un maintien au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles. Kabund met en garde contre des conseillers qu’il accuse de pousser le chef de l’État vers une dérive institutionnelle. Une alerte politique lourde, dans un pays où la question du respect des mandats présidentiels a déjà structuré plusieurs crises majeures.
Entre rupture et connaissance intime du système
La portée de cette déclaration est renforcée par le parcours de Kabund lui-même. Ancien pilier de la majorité présidentielle, il connaît de l’intérieur les mécanismes qu’il dénonce aujourd’hui. Cette double posture insider devenu opposant donne à son discours une charge symbolique particulière dans l’arène politique congolaise.
« Le pouvoir révèle plus qu’il ne transforme », écrivait Alexis de Tocqueville. Une maxime qui semble s’imposer dans une scène politique où les alliances changent, mais où les logiques de survie et d’influence demeurent constantes, au cœur d’un débat national désormais polarisé autour de l’avenir institutionnel du pays.
Didier BOFATSHI

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