Kinshasa, nouveau théâtre de la bataille constitutionnelle
Kinshasa, 30 mai 2026. Le débat sur la réforme constitutionnelle franchit une nouvelle étape en République Démocratique du Congo. L’évêque Pascal Mukuna a annoncé l’organisation d’une grande marche citoyenne le 5 juin prochain dans la capitale congolaise afin de soutenir le projet de réforme porté par plusieurs responsables de l’Église du Réveil du Congo (ERC). Selon les informations publiées par Newscd.net et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette mobilisation vise à défendre l’idée d’une nouvelle Constitution tout en répondant aux critiques formulées par les opposants à cette initiative. L’annonce intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par des mobilisations concurrentes entre partisans et adversaires de la réforme.
Les cloches du réveil sonnent pour la réforme
S’exprimant au nom du président de l’ERC, l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia, Pascal Mukuna a expliqué que cette marche entend sensibiliser l’opinion publique aux motivations du projet constitutionnel.
Les organisateurs souhaitent notamment convaincre la population que la réforme envisagée ne constitue pas un mécanisme destiné à prolonger le mandat du chef de l’État, comme l’affirme une partie de l’opposition.
« Nous allons faire jonction avec d’autres frères au Palais du peuple, où le message sera lu afin que nul ne soit désorienté face aux propos selon lesquels la nouvelle Constitution c’est pour donner un autre mandat au Président de la République. Non, on vous trompe », a déclaré Pascal Mukuna.
Le rassemblement devrait culminer au Palais du peuple, où un message officiel sera adressé aux fidèles et sympathisants mobilisés.
Quand la foi rencontre la politique
La préparation de cette manifestation a été au cœur d’une réunion tenue le 28 mai entre plusieurs responsables religieux favorables à la réforme constitutionnelle autour de l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia. Cette rencontre a permis de coordonner la stratégie de communication et les modalités pratiques de la mobilisation.
Au-delà de son aspect religieux, cette initiative illustre l’implication croissante des acteurs confessionnels dans un débat qui touche désormais aux fondements institutionnels de la République. Dans l’histoire politique congolaise, les Églises ont souvent joué un rôle d’influence dans les grands moments de transition nationale.
Comme le soulignait l’historien Alexis de Tocqueville : « Les convictions collectives sont souvent les premières forces qui façonnent les destinées politiques des peuples. »
Deux visions, une même République
L’annonce de cette marche intervient alors que la coalition de l’opposition C64 prévoit, deux jours plus tôt, une opération « ville morte » pour protester contre toute modification de la Constitution. Cette succession de mobilisations traduit l’intensification d’un débat qui polarise de plus en plus la scène politique congolaise.
D’un côté, les partisans de la réforme estiment qu’une adaptation du texte fondamental est nécessaire face aux réalités actuelles du pays. De l’autre, les opposants redoutent une remise en cause des équilibres institutionnels consacrés par la Constitution de 2006.
Au fond, le débat dépasse largement les considérations juridiques. Il porte sur la vision de l’État, la nature du contrat social et les mécanismes de transmission du pouvoir dans une démocratie encore en consolidation.
Le rendez-vous des consciences
À quelques jours de ces manifestations annoncées, Kinshasa s’apprête à devenir l’épicentre d’un affrontement d’idées où chaque camp cherche à convaincre l’opinion publique. Les rues de la capitale pourraient ainsi devenir le prolongement d’un débat qui se joue déjà dans les institutions, les partis politiques, les églises et les réseaux sociaux.
Comme l’écrivait Montesquieu : « Les lois doivent être tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites que c’est un très grand hasard si celles d’une nation peuvent convenir à une autre. »
Dans cette séquence décisive, la véritable question demeure celle de la capacité des Congolais à débattre sereinement de leur avenir commun. Car au-delà des marches, des slogans et des clivages politiques, c’est l’idée même de la République qui se trouve aujourd’hui au cœur des interrogations nationales.
Didier BOFATSHI

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