
Une parole qui embrase la cité chrétienne
KINSHASA, 30 mai 2026 — Une vive controverse secoue l’Église du Réveil du Congo (ERC) après les propos attribués au chantre et pasteur Moïse Mbiye à l’encontre des responsables religieux favorables au projet de réforme constitutionnelle. Selon les informations publiées par Ouragan.cd et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de l’ERC, a publiquement désapprouvé ces déclarations, estimant qu’elles portent atteinte au respect dû aux dirigeants spirituels du mouvement. Cette sortie intervient alors que le débat sur la réforme constitutionnelle continue de provoquer des fractures au sein de la classe politique, mais également dans certains milieux religieux.
Quand les autels deviennent des champs de tension
Invité dans un espace de discussion animé sur le réseau social X par le journaliste Stanis Bujakera, l’archevêque Ejiba Yamapia a exprimé son indignation face aux propos tenus par Moïse Mbiye. Le responsable religieux reproche notamment au pasteur de l’église Cité Béthel d’avoir assimilé certains pasteurs soutenant la réforme constitutionnelle à des « lépreux ».
Pour le président de l’ERC, une telle comparaison constitue une offense à l’endroit des responsables ecclésiastiques concernés et risque d’alimenter les divisions au sein de la communauté chrétienne.
Malgré sa désapprobation, l’archevêque a indiqué avoir choisi la voie de l’apaisement en appelant à la miséricorde divine plutôt qu’à l’escalade verbale.
Le Conseil des sages hausse le ton
L’affaire a pris une dimension institutionnelle avec l’intervention du Conseil des sages de l’Église du Réveil du Congo. Dans un communiqué relayé par Ouragan.cd, cette structure chargée de la régulation interne a rappelé que tout responsable religieux tenant des propos jugés injurieux ou susceptibles de semer la division pourrait faire l’objet de sanctions.
Le document, signé par Bravo Martin Yoka, insiste sur le devoir de respect envers les figures historiques du mouvement charismatique. Le Conseil affirme également que les statuts de l’ERC reconnaissent l’Église Cité Béthel comme membre du mouvement, rejetant ainsi l’argument selon lequel Moïse Mbiye ne relèverait pas de son autorité morale et disciplinaire.
« Aucun leader ne peut se soustraire aux règles de conduite qui régissent le mouvement du réveil », souligne le communiqué.
Derrière la polémique, l’ombre du débat constitutionnel
Au-delà de la querelle religieuse, cette controverse reflète les fractures provoquées par le débat national sur la réforme constitutionnelle. Comme dans l’espace politique, les positions divergentes sur cette question traversent désormais les communautés de foi.
Les prises de position de certains leaders religieux en faveur ou en défaveur de la réforme alimentent des tensions qui dépassent le seul cadre ecclésiastique. L’enjeu devient alors celui de la cohésion interne des institutions religieuses, traditionnellement perçues comme des espaces de rassemblement et de médiation sociale.
Comme l’écrivait Martin Luther King Jr. : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous périrons ensemble comme des insensés. »
Entre autorité spirituelle et responsabilité publique
L’épisode rappelle que les mots prononcés par les figures religieuses exercent souvent une influence qui dépasse largement les murs des églises. Dans une société où les leaders spirituels occupent une place importante dans la formation de l’opinion, chaque déclaration peut contribuer à apaiser ou à exacerber les tensions.
Alors que les appels aux excuses se multiplient et que le Conseil des sages évoque d’éventuelles sanctions, l’affaire met en lumière une question fondamentale : jusqu’où peut aller la liberté de parole lorsque l’unité d’une communauté est en jeu ?
Comme le rappelait Voltaire : « Les paroles ressemblent aux feuilles ; lorsqu’elles abondent, les fruits de la raison se font rares. » À l’heure où le débat constitutionnel polarise la société congolaise, cet avertissement résonne bien au-delà des cercles religieux.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime