RDC : au Sénat français, Samuel Mbemba porte le cri des femmes de l’Est et réclame la fin de l’impunité

Les voix brisées de l’Est résonnent à Paris

PARIS, 30 mai 2026 — Devant le Sénat français, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a livré un plaidoyer poignant en faveur des victimes des violences perpétrées dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon les informations publiées par Okapi.net et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le membre du Gouvernement congolais est intervenu jeudi 28 mai lors d’un dialogue de haut niveau consacré à la lutte contre l’impunité et à l’amplification des voix des survivants. Son message était clair : attirer davantage l’attention de la communauté internationale sur les violations graves des droits humains qui continuent de frapper les populations civiles dans les provinces orientales du pays.

Quand le viol devient une arme de conquête

Au cœur de son intervention, Samuel Mbemba a dénoncé l’utilisation systématique des violences sexuelles dans les zones affectées par les conflits armés. Le ministre a attribué ces exactions aux troupes rwandaises et à leurs alliés de l’AFC/M23, décrivant des actes d’une extrême brutalité qui, selon lui, visent à détruire le tissu social des communautés locales.

« Des femmes violées en présence de leurs enfants ou de leurs époux, des enfants obligés de violer leurs mères ou leurs sœurs », a-t-il déclaré, évoquant également les traumatismes psychologiques, les maladies, les grossesses non désirées et la stigmatisation qui en découlent.

Pour Kinshasa, ces violences ne constituent pas seulement des crimes de guerre. Elles représentent une attaque contre la dignité humaine et la cohésion même de la société congolaise.

Le plaidoyer d’un pays face au silence du monde

Devant les sénateurs français, Samuel Mbemba a appelé à une mobilisation politique plus forte en faveur des victimes congolaises. Il a exhorté les parlementaires français à relayer les témoignages des survivantes et à renforcer la pression diplomatique sur les acteurs impliqués dans le conflit.

« Notre plaidoyer est que les sénateurs français amplifient les cris de ces femmes meurtries », a insisté le ministre.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large visant à internationaliser davantage la question des violations des droits humains dans l’Est de la RDC et à obtenir des réponses plus fermes de la communauté internationale.

De Banjul à Paris, le même combat

Quelques jours auparavant, lors de la 87e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples à Banjul, en Gambie, Samuel Mbemba avait déjà porté la voix des victimes congolaises devant les instances africaines. Son intervention au Sénat français prolonge ainsi une campagne diplomatique destinée à sensibiliser les décideurs internationaux à la gravité de la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue l’Est du pays.

Au-delà des discours, la RDC cherche à transformer l’indignation en action concrète et la compassion en engagement politique.

La justice attend encore son heure

Dans les conflits modernes, les armes ne sont pas toujours faites de métal. Elles prennent parfois la forme de la peur, de l’humiliation et de la destruction des corps. Face à cette réalité, la lutte contre l’impunité demeure l’un des plus grands défis de la paix durable.

Comme l’affirmait l’ancien Secrétaire général des Nations unies Kofi Annan : « Il n’y a pas de paix sans justice, ni de justice sans respect des droits humains. »

À Paris, la voix du Congo a une nouvelle fois traversé les frontières. Reste désormais à savoir si les cris des victimes de l’Est trouveront un écho suffisamment puissant pour transformer les promesses internationales en actes capables de restaurer la dignité, la sécurité et l’espoir dans une région meurtrie par des décennies de violences.

Didier BOFATSHI

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