
En République Démocratique du Congo, la décision du gouvernement d’accueillir des migrants en situation irrégulière en provenance des États-Unis suscite une vive controverse. Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, dénonce une mesure « irréaliste » annoncée le 6 avril, estimant qu’elle pourrait exposer le pays à des risques sécuritaires, institutionnels et sociaux majeurs. Dans un contexte de fragilité étatique persistante, cette coopération migratoire interroge sur ses motivations, ses capacités d’exécution et ses conséquences potentielles.
Une hospitalité sous tension
Accueillir devient ici un pari risqué. Pour Katende, cette décision dépasse la simple solidarité internationale : elle frôle l’imprudence stratégique. « Nous devons nous lever tous contre cette décision », martèle-t-il, transformant l’hospitalité en ligne de fracture nationale.
Le spectre des erreurs passées
L’histoire ressurgit comme une mise en garde. L’activiste évoque les précédents migratoires dans l’est du pays, perçus comme des catalyseurs d’instabilité durable. « Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter », écrivait George Santayana — une maxime qui résonne ici comme un avertissement politique.
Un État aux frontières poreuses
Au cœur des critiques : la capacité de l’État. Katende pointe une administration « corrompue et inefficace », déjà en difficulté face aux défis internes. Accueillir davantage reviendrait, selon lui, à ajouter de la pression sur un système fragile, incapable de maîtriser ses propres flux.
La sécurité en ligne de mire
Derrière la décision, une inquiétude plus profonde : celle d’une insécurité amplifiée. L’arrivée de ressortissants étrangers dans un environnement déjà instable pourrait, selon l’ASADHO, créer de nouvelles tensions urbaines et sociales. Une équation explosive dans un pays aux équilibres précaires.
Au-delà du débat politique, la RDC se retrouve face à une question fondamentale : peut-elle accueillir sans se fragiliser davantage ? « Gouverner, c’est prévoir », rappelait Émile de Girardin. Mais ici, l’impression domine que la décision précède l’anticipation et que le pays pourrait en payer le prix.
Didier BOFATSHI
Opinion info / VF7, voltefaceinfos7.com