Thérèse Kayikwamba Wagner lors d’un échange à Kinshasa sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et la question des Banyamulenge.La ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu le député national Lévis Rukema pour des échanges consacrés notamment à la situation dans les Kivus et aux conséquences du conflit sur les populations locales.

À Kinshasa, la ministre des Affaires étrangères a reçu le député de l’Uvira Lévis Rukema. Au cœur des échanges : les zones contrôlées ou disputées par l’AFC/M23, la situation des populations civiles et la place des Banyamulenge dans un conflit où l’identité est devenue un enjeu politique et sécuritaire.

RDC, AFC/M23, Sud-Kivu et Banyamulenge : le dossier reste au croisement de la crise sécuritaire et des tensions communautaires dans l’est du pays. Le 6 octobre à Kinshasa, selon le ministère congolais des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner a reçu le député national Lévis Rukema, élu d’Uvira. Les discussions auraient porté sur l’occupation de certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, leurs conséquences pour les civils et les tentatives d’instrumentalisation de la communauté banyamulenge. Cette séquence intervient alors que les Nations unies décrivent toujours une situation instable dans les deux Kivus, malgré les mécanismes de cessez-le-feu et les efforts diplomatiques.

Sud-Kivu : un dossier sécuritaire toujours ouvert

La situation décrite par Kinshasa s’inscrit dans un conflit régional complexe. Les Nations unies ont documenté la progression de l’AFC/M23 au Nord- et au Sud-Kivu, avec un soutien attribué aux Forces de défense rwandaises. Dans le Sud-Kivu, les combats se concentrent notamment dans les hauts plateaux autour de Fizi, Mwenga et Uvira.

Uvira constitue un point particulièrement sensible : l’AFC/M23 y était entré en décembre 2025 avant de se retirer en janvier 2026. L’ONU avait alors signalé des violences et des déplacements affectant notamment des Banyamulenge.

Banyamulenge : protéger sans confondre identité et belligérance

Le point central de la déclaration congolaise est la volonté affichée de dissocier la protection d’une communauté de son instrumentalisation dans le conflit.

Cette distinction est essentielle. Des travaux universitaires ont montré que l’identité banyamulenge et les questions de nationalité, d’appartenance et de représentation politique sont depuis longtemps imbriquées dans les dynamiques de pouvoir du Kivu.

Des enquêtes récentes ont également documenté la vulnérabilité particulière de civils banyamulenge à Uvira, pris entre violences, stigmatisation et récits concurrents utilisés par les protagonistes du conflit.

La protection des civils est documentée comme une priorité internationale. En revanche, l’affirmation selon laquelle chaque acteur chercherait à « instrumentaliser » les Banyamulenge relève d’une qualification politique qui doit être attribuée à ses auteurs et examinée au cas par cas.

Ce que cette séquence révèle

La rencontre entre Kayikwamba Wagner et Lévis Rukema ne constitue pas, à elle seule, un changement de stratégie militaire ou diplomatique. Elle montre toutefois que la question communautaire demeure indissociable du dossier sécuritaire dans l’est de la RDC.

À retenir : la priorité affichée par Kinshasa est la protection de toutes les communautés ; le défi reste de ne pas transformer l’appartenance ethnique en preuve de loyauté ou de culpabilité. Dans un conflit marqué par des récits contradictoires, cette distinction constitue aussi un enjeu de vérification de l’information.

Sources : Publication du ministère congolais des Affaires étrangères

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