Félix Tshisekedi et les enjeux de l’exploration pétrolière autour du lac Albert en RDCLa RDC cherche à relancer l’exploration pétrolière autour du lac Albert.

Après des années d’immobilisme, Kinshasa cherche une nouvelle voie pour les blocs 1 et 2 du Graben Albertine. L’enjeu est désormais de transformer un potentiel géologique encore à confirmer en projet industriel viable.

Pétrole du lac Albert, blocs 1 et 2, RDC : Félix Tshisekedi veut remettre ce dossier à l’agenda stratégique de Kinshasa. Selon Africa Intelligence, la présidence congolaise envisage de relancer l’exploration en recherchant notamment des rapprochements avec Kampala et des partenaires chinois. Mais une donnée essentielle impose la prudence : contrairement au côté ougandais, où d’importantes ressources ont déjà été identifiées, le potentiel commercial des blocs congolais doit encore être établi par de nouvelles données et des forages.

Blocs 1 et 2 : un dossier resté bloqué

Le gouvernement congolais a déjà changé de stratégie. En avril 2025, le Conseil des ministres a approuvé l’attribution à la SONAHYDROC des droits pétroliers sur les blocs 1 et 2 du Graben Albertine, sur la base d’un contrat de services prévu par la loi sur les hydrocarbures.

Cette décision intervient après l’échec de précédentes initiatives et plusieurs années de contentieux et d’inertie. Les permis accordés en 2010 à Caprikat et Foxwhelp avaient notamment expiré en 2021.

Lac Albert : le potentiel congolais reste à prouver

L’argument géologique est réel, mais il ne constitue pas une preuve de réserves exploitables. Du côté ougandais, le développement du bassin Albertine a permis d’identifier d’importantes ressources pétrolières. TotalEnergies indique notamment que les projets de Tilenga et Kingfisher reposent sur des ressources développées dans les blocs ougandais du lac Albert.

Ce constat ne permet toutefois pas d’attribuer automatiquement les mêmes volumes à la RDC. Des travaux sismiques et des forages sont indispensables pour confirmer la présence, la qualité et la rentabilité éventuelle des gisements congolais.

Kampala et Pékin : la question des moyens

L’intérêt d’une coopération avec l’Ouganda tient moins à une éventuelle « copie » du modèle ougandais qu’à l’accès à une expérience technique et à des infrastructures régionales déjà développées.

La Chine pourrait, selon l’analyse d’Africa Intelligence, constituer une autre piste pour mobiliser capitaux, ingénierie ou partenaires industriels. Cette orientation doit cependant être considérée comme une perspective stratégique rapportée, et non comme un accord conclu.

Le véritable test pour Kinshasa sera donc moins l’annonce d’une relance que la capacité à produire des données géologiques vérifiables, attirer des partenaires techniquement crédibles et construire un schéma d’évacuation économiquement viable.

À retenir : le pétrole ougandais confirme l’intérêt du bassin ; il ne prouve pas encore les réserves congolaises. La SONAHYDROC dispose désormais d’un rôle central, mais ses capacités financières et techniques constituent un point à surveiller. Enfin, toute coopération avec Kampala ou Pékin devra être appréciée sur des engagements documentés, et non sur de simples intentions.

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Source : Africa Intelligence, 5 octobre 2026 ; données publiques de TotalEnergies sur les projets pétroliers ougandais ; sources documentant l’historique des blocs 1 et 2.

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