RDC : Jacquemain Shabani de nouveau sous pression, une motion à 56 signatures ravive la tempête politique à l’Assemblée nationale

Kinshasa, bras de fer institutionnel autour du ministre de l’Intérieur

La tension politique remonte d’un cran à l’Assemblée nationale en République Démocratique du Congo. Une nouvelle motion de défiance visant le Vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a été déposée mardi 28 avril 2026 au bureau de la chambre basse du Parlement. Le texte, signé par 56 députés nationaux, relance un bras de fer institutionnel déjà amorcé ces dernières semaines.

Les élus accusent le ministre de « graves atteintes à la Constitution », de violation des lois de décentralisation et de remise en cause du principe de séparation des pouvoirs. Ils lui reprochent également une ingérence dans les affaires des institutions provinciales ainsi qu’une responsabilité politique dans la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs grandes villes du pays.

Une charge parlementaire aux contours politiques lourds

Cette nouvelle initiative intervient alors que la précédente motion, initiée par le député Laddy Yangotikala, n’a toujours pas été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Une situation qui alimente les tensions entre l’exécutif et une partie du législatif.

« Les institutions doivent fonctionner dans le respect strict de la Constitution et des équilibres démocratiques », rappellent les signataires, qui dénoncent un déficit de redevabilité dans la gestion de la territoriale. Dans les couloirs du Parlement, l’attente d’une éventuelle mise à l’ordre du jour nourrit les spéculations sur un possible report ou une reconfiguration politique du dossier.

Sécurité, décentralisation : un portefeuille sous feu croisé

Au cœur des accusations, le ministère de l’Intérieur concentre des enjeux sensibles : sécurité intérieure, gouvernance provinciale et coordination administrative. Des domaines où les tensions sont structurelles, dans un pays confronté à des défis sécuritaires récurrents et à une décentralisation encore incomplète.

Les députés signataires estiment que certaines décisions ministérielles auraient contribué à fragiliser les équilibres institutionnels locaux, accentuant ainsi les crispations entre niveaux de pouvoir. « La séparation des pouvoirs ne peut être une simple déclaration d’intention », confie un parlementaire impliqué dans la démarche.

Assemblée nationale, arbitre d’un conflit institutionnel ouvert

Le bureau de l’Assemblée nationale se retrouve désormais face à une équation politique délicate : inscrire ou non la motion à l’ordre du jour. Selon plusieurs sources parlementaires, une première tentative d’examen pourrait intervenir dès le 29 avril 2026, sans garantie de stabilité procédurale. Dans ce contexte, chaque décision devient un signal politique, susceptible d’influencer l’équilibre entre exécutif et législatif.

Une crise récurrente de gouvernance institutionnelle

Au-delà du cas individuel de Jacquemain Shabani, cette séquence illustre une dynamique plus large : celle d’un recours de plus en plus fréquent aux motions parlementaires comme instrument de régulation politique. Dans un environnement institutionnel marqué par des tensions persistantes, ces mécanismes deviennent à la fois outils de contrôle et vecteurs de confrontation.

Quand la motion devient thermomètre politique

« Une démocratie se mesure à la capacité de ses institutions à se contrôler mutuellement sans se détruire », confie un analyste politique à Kinshasa. La nouvelle motion contre le Vice-premier ministre de l’Intérieur s’inscrit ainsi dans un cycle où le Parlement devient le théâtre central des tensions de gouvernance. Et comme le rappelait Alexis de Tocqueville, en écho à ces dynamiques institutionnelles : « Le pouvoir ne s’exerce légitimement que lorsqu’il est limité par d’autres pouvoirs. »

DBE

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