RDC-Guerre à l’Est : La paix piégée dans la mêlée des puissances, Moscou sonne l’alarme sur une diplomatie fracturée et des racines ignorées

À New York, au Conseil de sécurité, la Russie, par la voix de Anna Evstigneeva, appelle à coordonner les processus de Washington, Doha et de l’Union africaine pour résoudre la crise à l’Est de la RDC. Malgré l’implication de Donald Trump et les engagements de Félix Tshisekedi et Paul Kagame, les combats persistent. En cause : une diplomatie éclatée, des intérêts concurrents et des causes profondes laissées en jachère.

La paix, champ de bataille invisible

Sous le vernis diplomatique, les puissances s’affrontent à mots réticents. Washington imprime son tempo, Doha tente d’amortir, Moscou refuse l’effacement. Comme le rappelait Hans Morgenthau : « La politique internationale est une lutte pour le pouvoir. » La paix devient ici territoire disputé, récit à conquérir.

Accords de papier, guerre de feu

Signatures en cascade, terrain en braise. L’écart se creuse entre diplomatie et réalité. Stephen Krasner l’écrivait sans détour : « Les institutions masquent parfois plus qu’elles ne résolvent. »
Washington avance, Doha ralentit, l’Est s’embrase : la paix proclamée reste spectrale.

Les racines ensevelies

“Causes profondes” : formule noble, vérité fuyante. Derrière, gouvernance fragile, économie de guerre, fractures régionales. Alex de Waal prévient : « Les conflits durent parce qu’ils servent des systèmes. » Nommer les racines sans toucher aux intérêts, c’est labourer le vent.

Un volcan régional sous pression

De Kinshasa à Kigali, la crise déborde les frontières. Barry Buzan évoque ces systèmes où « la sécurité des États est interdépendante ». Chaque tension alimente l’autre, chaque méfiance devient combustible.

À mesure que les médiations prolifèrent, la paix se dilue. L’Est congolais révèle une vérité brutale : sans cohérence stratégique ni courage politique, la diplomatie tourne à vide. Comme le disait Raymond Aron : « La paix est un équilibre entre forces opposées. » Et dans ce fracas silencieux des puissances, une évidence s’impose, presque tragique : tant que la paix restera un enjeu de puissance, elle ne sera jamais un refuge pour les peuples.

Didier BOFATSHI

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