RDC-Guerre à l’Est : Paris fustige “l’illusion militaire”, exige souveraineté et cessez-le-feu face à une spirale incontrôlable

Au Conseil de sécurité de l’ONU, la France, par la voix de Jay Dharmadhikari, alerte sur l’impasse militaire dans l’Est de la RDC, où les affrontements entre l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces congolaises s’intensifient. Malgré les médiations de Washington, Doha et de l’Union africaine, Paris appelle à un cessez-le-feu vérifiable, au respect de la souveraineté congolaise et à une solution politique durable face à une crise humanitaire majeure touchant des millions de civils.

La guerre, mirage sanglant

« L’illusion d’une issue militaire doit céder », tranche Paris. Derrière cette mise en garde, une vérité stratégique : la guerre promet ce qu’elle ne livre jamais. Carl von Clausewitz l’avait pressenti : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. »
Mais ici, les moyens ont dévoré la finalité. Le champ de bataille remplace la négociation, sans produire de victoire décisive.

Souveraineté, ligne de feu

Paris érige un principe non négociable : l’intégrité territoriale de la RDC. Dans une région où les frontières sont poreuses et contestées, cet appel résonne comme une mise en garde implicite. Jean Bodin définissait la souveraineté comme « la puissance absolue et perpétuelle d’une République ». À l’Est congolais, cette puissance vacille, contestée sur le terrain autant que dans les discours.

Diplomatie sous perfusion

Washington accélère, Doha hésite, l’Afrique médie : la paix circule, mais ne s’ancre pas. Stephen Krasner notait que « les normes internationales sont souvent contournées dans la pratique ». Les engagements abondent, leur application se dérobe. Le cessez-le-feu reste un horizon, jamais une réalité.

Humanitaire, urgence ensevelie

Derrière les lignes diplomatiques, une tragédie silencieuse : millions de déplacés, faim, accès humanitaire entravé. La promesse de rouvrir Goma tarde, l’aide piétine. Amartya Sen rappelait : « Les famines ne surviennent pas par manque de nourriture, mais par manque d’accès. »
Ici, l’accès est verrouillé par la guerre.

En dénonçant l’illusion militaire, la France dévoile une impasse plus large : celle d’un conflit où la force prolonge le chaos au lieu de le résoudre. Entre engagements violés et médiations fragmentées, la paix demeure suspendue. Comme le soulignait Raymond Aron : « La paix ne se décrète pas, elle se construit. »

Et dans l’Est congolais, une évidence s’impose, brûlante : tant que la souveraineté sera contestée et la diplomatie sans prise sur le réel, la guerre continuera de parler plus fort que la paix.

Didier BOFATSHI

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