RDC : Exclu mais défiant, Lady Yangotika maintient sa motion contre Shabani et fracture la majorité

Le député national Yangotika Sengha Lady, élu de Kisangani, a été temporairement exclu du regroupement Dynamique Agissons et Bâtissons (AB), dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde, pour « dérogation à la solidarité » au sein de l’Union sacrée. Malgré cette sanction notifiée le 14 avril 2026, il maintient sa motion de défiance contre le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qu’il accuse d’inaction face à l’insécurité croissante en RDC, notamment à Kinshasa. Une crise qui révèle les tensions internes au sein de la majorité au pouvoir.

Exclusion comme étendard de liberté

Sanctionné par sa propre famille politique, Yangotika Sengha Lady refuse de plier. Dans une déclaration ferme, il assume : « Je prends acte de mon exclusion […] Je n’ai pas violé la Constitution, ni le Règlement intérieur ». Pour l’élu, cette mise à l’écart devient presque un levier, une preuve revendiquée d’indépendance dans l’exercice de son mandat parlementaire.

Motion de défiance, brasier politique

Au cœur de la tempête, une initiative explosive : la motion de défiance contre Jacquemain Shabani. Le député y dénonce une gestion défaillante de la sécurité intérieure. « Je n’ai fait que demander […] de protéger les électeurs du Président de la République », affirme-t-il, pointant l’incapacité supposée du gouvernement à freiner la criminalité galopante.

Solidarité fissurée dans la majorité

Du côté du regroupement AB, la sanction est claire. Dans une correspondance officielle, ses dirigeants évoquent une « dérogation à la règle de solidarité ». Une formule qui traduit, en creux, les tensions profondes au sein de l’Union sacrée, où discipline politique et liberté parlementaire s’entrechoquent.

Sécurité, talon d’Achille du pouvoir

Au-delà des querelles internes, la question sécuritaire s’impose comme toile de fond. Kinshasa et plusieurs grandes villes sont confrontées à une montée de l’insécurité, nourrissant critiques et frustrations. La motion du député cristallise ce malaise, transformant un acte parlementaire en symbole de défi politique.

Entre loyauté partisane et devoir de contrôle, la ligne de fracture se creuse. « Le Parlement ne peut être réduit au silence face aux préoccupations du peuple », martèle Yangotika. Et comme le rappelait Alexis de Tocqueville : « Dans une démocratie, le courage civique est la première des vertus » une exigence qui, aujourd’hui, met à l’épreuve la cohésion même du pouvoir.

Didier BOFATSHI

7 sur 7 / VFI7, voltefaceinfos7.com

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