Une embuscade en plein trajet scolaire

Des élèves finalistes du secondaire ont été attaqués samedi 3 mai 2026 sur l’axe Ngenge-Kashebere, dans le territoire de Walikale, province du Nord-Kivu, alors qu’ils se rendaient aux épreuves préliminaires de l’Examen d’État. Selon des sources sécuritaires locales, des hommes armés non identifiés ont intercepté le convoi au niveau du mont Machumbi. Les candidats, partis de Ngenge dans le groupement Waloa Yungu, ont été dépouillés de leurs biens, notamment argent, téléphones et effets personnels, avant de poursuivre leur route vers Kashebere à pied. Malgré l’attaque, les élèves ont réussi à rejoindre leur centre d’examen, sans ressources matérielles, dans un climat de tension et de peur.
L’école ciblée sur les routes de l’insécurité
L’incident ne se limite pas aux seuls candidats. Des commerçants et habitants revenant du marché de Ngenge ont également été ciblés sur le même axe routier, dans une série d’attaques attribuées à des coupeurs de route. Ce tronçon, pourtant stratégique pour la circulation locale, devient progressivement un espace d’exposition directe à la violence armée, touchant désormais des civils en déplacement quotidien. La répétition de ces actes dans une zone déjà fragilisée par des groupes armés accentue la vulnérabilité des populations locales.
L’Exetat sous menace sécuritaire
Au-delà du vol et des violences, l’attaque soulève une inquiétude plus profonde : celle de la sécurisation des examens nationaux dans les zones instables. L’Examen d’État, moment clé du parcours scolaire en République démocratique du Congo, devient ici un déplacement à risque, où la quête d’éducation se confronte directement aux réalités de l’insécurité. La société civile locale alerte sur une situation jugée préoccupante, estimant que l’insécurité touche désormais des élèves en pleine session d’examens.
Une population entre résilience et abandon
Dans cette région du Nord-Kivu, la répétition des attaques interroge l’efficacité des dispositifs sécuritaires, malgré la présence annoncée de groupes d’autodéfense dits “Wazalendo”. Pour les habitants, la frontière entre zones sécurisées et zones à risque devient de plus en plus floue, rendant les déplacements quotidiens incertains. Le philosophe Thomas Hobbes décrivait l’état d’insécurité comme une condition où “la vie est solitaire, pauvre, brutale et courte”. Sur l’axe Ngenge-Kashebere, cette description prend une résonance concrète.
L’éducation face à la violence structurelle
L’attaque de candidats à l’Exetat illustre une fracture plus profonde : celle entre le droit à l’éducation et la réalité sécuritaire du terrain. Dans un contexte où les examens nationaux symbolisent l’espoir de mobilité sociale, leur sécurisation devient un enjeu d’État. Comme le rappelait Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » Mais sur certaines routes du Nord-Kivu, cette arme reste désarmée face aux balles.
Une urgence sécuritaire persistante
Les acteurs locaux appellent désormais à des enquêtes et à des mesures urgentes pour sécuriser les axes empruntés par les élèves. Car au-delà de l’attaque, c’est la continuité même du processus éducatif qui se trouve fragilisée. Dans le silence des routes du Nord-Kivu, une question demeure : comment étudier quand le chemin de l’école devient un champ de risque ?
