Quand les Casques bleus manquent de souffle
KINSHASA, 30 mai 2026 — À l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus célébrée vendredi 29 mai à Kinshasa, le Gouvernement congolais a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’un financement durable et prévisible de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Selon les informations publiées par Okapi.net et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, les autorités congolaises redoutent qu’une réduction des financements internationaux n’affaiblisse la capacité opérationnelle de la mission onusienne dans un contexte sécuritaire toujours marqué par les violences armées dans l’Est du pays.
Le nerf de la paix sous pression
Prenant la parole devant des représentants des Nations unies et des autorités nationales, l’ambassadeur Noël Mbemba, délégué général du Gouvernement auprès de la MONUSCO, a souligné que les défis sécuritaires persistants exigent davantage de moyens et non un désengagement financier.
« Pour que les Casques bleus puissent fournir un travail durable, il convient de les doter des moyens nécessaires », a-t-il déclaré.
Le diplomate a averti que les restrictions budgétaires envisagées pourraient compromettre l’efficacité des opérations de maintien de la paix, alors même que plusieurs régions restent confrontées à l’insécurité et aux déplacements de populations.
Derrière les chiffres, la protection des vies
Pour Kinshasa, la question budgétaire dépasse la simple gestion financière. Elle touche directement à la protection des civils, à la stabilisation des territoires affectés par les conflits et à l’accompagnement des institutions nationales dans la consolidation de la paix.
« Pour une mise en œuvre efficace du mandat contenu dans les résolutions du Conseil de sécurité, la MONUSCO a besoin d’un financement prévisible et durable », a plaidé Noël Mbemba.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs opérations de paix de l’ONU à travers le monde sont confrontées à des pressions budgétaires croissantes. Pour les autorités congolaises, une réduction des ressources risquerait d’intervenir au moment même où la menace sécuritaire demeure élevée dans certaines provinces de l’Est.
Le tribut silencieux des gardiens de la paix
Au-delà des préoccupations financières, la cérémonie a également été marquée par un hommage aux Casques bleus tombés en mission. Le représentant du Gouvernement a salué leur engagement au service de la paix et de la stabilité en RDC.
« La célébration de cette Journée des Casques bleus offre au Gouvernement congolais l’occasion d’exprimer sa gratitude et son infinie reconnaissance à la communauté internationale à travers la MONUSCO », a-t-il affirmé.
La paix a un prix
Derrière les uniformes bleus se joue une réalité souvent invisible : celle d’une mission appelée à protéger des millions de civils dans l’un des contextes sécuritaires les plus complexes du continent africain. Pour Kinshasa, préserver les capacités opérationnelles de la MONUSCO revient à préserver un rempart essentiel contre l’expansion des violences.
Comme le rappelait l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan : « Il n’y a pas de développement sans sécurité, et il n’y a pas de sécurité sans développement. » À l’heure où les financements internationaux sont remis en question, la RDC rappelle que la paix n’est jamais acquise ; elle se construit, se protège et exige des moyens à la hauteur des défis qu’elle affronte.
Didier BOFATSHI

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