photo d'illustration de la xénophobie en Afrique du Sud

L’heure du retour s’organise

Le gouvernement congolais accélère les préparatifs du rapatriement volontaire de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud. Une mission interinstitutionnelle déployée à Pretoria poursuit les opérations d’identification et de coordination, tandis que plusieurs centres d’accueil ont déjà été ouverts pour encadrer le processus.

Le rapatriement des Congolais d’Afrique du Sud entre dans une phase décisive. Dans un communiqué publié jeudi, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise a annoncé l’intensification des travaux menés par la mission gouvernementale chargée d’organiser le retour volontaire des ressortissants congolais.

Cette initiative découle des décisions prises après la présentation d’une note au Conseil des ministres du 12 juin 2026. Quelques jours plus tard, le 16 juin, une cellule de crise gouvernementale avait été mise en place sur instruction de la Première ministre afin de coordonner la réponse de l’État face à l’évolution de la situation de la diaspora congolaise en Afrique du Sud.

Pretoria au cœur de la coordination

Placée sous l’autorité du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, cette structure associe plusieurs institutions, notamment le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, la vice-ministre des Affaires étrangères ainsi que l’ambassade de la RDC à Pretoria.

Le 6 juillet, une réunion tenue au sein de la représentation diplomatique congolaise a abouti à la création de onze commissions spécialisées. Leur mission est d’examiner individuellement chaque dossier afin de garantir un processus conforme aux exigences administratives et sécuritaires.

Comme l’écrivait Saint-Exupéry, « être homme, c’est précisément être responsable ». En organisant ce retour, l’État congolais cherche à assumer sa responsabilité envers ses citoyens vivant à l’étranger.

Entre solidarité et impératif sécuritaire

Trois centres d’hébergement et d’identification ont été ouverts à Johannesburg, Durban et Cape Town. Les équipes procèdent actuellement à l’identification des candidats au retour, à la vérification des listes et au contrôle des identités en collaboration avec les services compétents en matière migratoire.

Le gouvernement insiste toutefois sur la nécessité d’un processus rigoureux. Au-delà de l’élan de solidarité nationale, les autorités entendent préserver les impératifs de sécurité et garantir la conformité administrative de chaque dossier.

Une diplomatie de protection des citoyens

Cette opération illustre une volonté plus large de renforcer la protection consulaire des Congolais établis à l’étranger. Elle intervient dans un contexte où les questions migratoires et les conditions de vie des diasporas occupent une place croissante dans les politiques publiques.

Comme le rappelait le philosophe Paul Ricœur, « la sollicitude donne un sens à l’action politique ». Pour Kinshasa, le défi consiste désormais à transformer cette mobilisation institutionnelle en un retour ordonné, sécurisé et digne pour ses ressortissants.

Didier BOFATSHI

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