Le visage changeant de la capitale
Le gouvernement provincial de Kinshasa projette de transformer le site de l’actuel jardin zoologique en un marché moderne accompagné d’un parking. Annoncé lors du Conseil des ministres provincial du 6 juillet 2026, ce projet s’inscrit dans la politique de réaménagement urbain portée par le programme « Kinshasa Ezo Bonga », dans un contexte de lutte contre les marchés anarchiques et de recherche d’une meilleure mobilité urbaine.
La ville qui se réinvente
Les autorités provinciales affirment que les études techniques sont déjà achevées. Le futur marché moderne devrait offrir aux commerçants un cadre plus structuré, sécurisé et mieux adapté aux réalités économiques de la capitale.
L’aménagement d’un parking vise également à atténuer les problèmes de congestion qui affectent régulièrement cette partie de Kinshasa.
Cette initiative intervient alors que plusieurs opérations de démolition de marchés pirates ont été menées ces derniers mois dans différentes communes de la ville.
Entre développement et patrimoine
Au-delà de la dimension économique, le projet soulève une interrogation plus profonde : quelle place accorder au patrimoine environnemental et historique dans la modernisation de Kinshasa ?
Le jardin zoologique, malgré son état de dégradation avancée, demeure un symbole de la mémoire urbaine de la capitale. Sa délocalisation illustre les arbitrages parfois difficiles entre impératifs économiques, pression démographique et préservation des espaces publics.
Comme l’écrivait l’urbaniste Lewis Mumford, « une ville est un théâtre de l’action sociale ». Chaque transformation urbaine raconte ainsi les priorités et les aspirations d’une société.
Le pari de « Kinshasa Ezo Bonga »
Le projet s’inscrit dans la vision du gouverneur Daniel Bumba visant à moderniser les infrastructures de la capitale.
D’autres études relatives à plusieurs marchés urbains, notamment celui de l’Université pédagogique nationale, seraient également finalisées.
Cependant, la réussite de ces initiatives dépendra de leur capacité à répondre simultanément aux besoins économiques, à la fluidité de la circulation et aux exigences de planification urbaine durable.
Comme le rappelait l’écrivain italien Italo Calvino, « la ville ne dit pas son passé, elle le contient ».
Le futur marché moderne pourrait ainsi devenir le symbole d’une capitale en mutation. Mais il pose aussi une question essentielle : comment moderniser Kinshasa sans effacer les traces de son histoire urbaine et environnementale ?
Source : compte rendu du Conseil des ministres du gouvernement provincial de Kinshasa, relayé par Yabisonews.
